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L’Arabie saoudite bombarde le Yémen à cause d’une cargaison d’armes

Cette attaque marque une nouvelle escalade des tensions entre le royaume et les forces séparatistes du Conseil de transition du Sud.

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This is a locator map for Yemen with its capital, Sanaa. (AP Photo) Voici une carte de localisation du Yémen avec sa capitale, Sanaa. (AP) (Uncredited)

L’Arabie saoudite a bombardé mardi la ville portuaire de Mukalla, au Yémen, en raison d’une cargaison d’armes, selon le royaume, destinée à une force séparatiste locale et provenant des Émirats arabes unis. Les Émirats arabes unis n’ont pas immédiatement confirmé la frappe.

Cette attaque marque une nouvelle escalade des tensions entre le royaume et les forces séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS), soutenu par les Émirats. Elle fragilise également les relations entre Riyad et Abou Dhabi, qui soutenaient des camps opposés dans la guerre qui oppose depuis dix ans le Yémen aux rebelles houthis, soutenus par l’Iran.

Un communiqué militaire diffusé par l’agence de presse officielle saoudienne (SPA) a annoncé les frappes, précisant qu’elles avaient été menées après l’arrivée de navires en provenance de Fujairah, ville portuaire située sur la côte est des Émirats arabes unis.

«Compte tenu du danger et de l’escalade que représentent ces armes, qui menacent la sécurité et la stabilité, les forces aériennes de la coalition ont mené ce matin une opération militaire limitée ciblant des armes et des véhicules de combat déchargés des deux navires au port», indiquait le communiqué.

On ignorait dans l’immédiat si la frappe avait fait des victimes. L’armée saoudienne a déclaré avoir mené l’attaque dans la nuit afin d’éviter tout dommage collatéral.

Les Émirats arabes unis n’ont pas immédiatement répondu à la demande de commentaires de l’AP.

L’attaque visait vraisemblablement un navire identifié par les analystes comme étant le Greenland, un roulier battant pavillon de Saint-Kitts. Les données de suivi analysées par l’AP indiquent que le navire se trouvait à Fujairah le 22 décembre et est arrivé à Mukalla dimanche.

Mohammed al-Basha, expert du Yémen et fondateur du Basha Report, cabinet de conseil en gestion des risques, a cité des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrant de nouveaux véhicules blindés traversant Mukalla après l’arrivée du navire. Les propriétaires du navire, basés à Dubaï, n’ont pu être joints dans l’immédiat.

Mukalla se situe dans le gouvernorat d’Hadramaout, au Yémen, que le Conseil de sécurité a conquis ces derniers jours. La ville portuaire de Mukalla se situe à environ 480 kilomètres au nord-est d’Aden, qui est le fief des forces anti-Houthis au Yémen depuis la prise de la capitale, Sanaa, par les rebelles en 2014.

La frappe sur Mukalla intervient après les frappes aériennes menées vendredi par l’Arabie saoudite contre le Conseil de sécurité nationale. Les analystes y voient un avertissement adressé aux séparatistes, les sommant de stopper leur progression et de quitter les gouvernorats d’Hadramaout et de Mahra.

Le Conseil de sécurité nationale avait repoussé les forces affiliées aux Forces du Bouclier national, soutenues par l’Arabie saoudite et membres de la coalition combattant les Houthis.

Les partisans du Conseil de sécurité nationale arborent de plus en plus le drapeau du Yémen du Sud, qui était un pays indépendant de 1967 à 1990. Des manifestants se rassemblent depuis plusieurs jours pour soutenir les forces politiques qui réclament une nouvelle sécession du Yémen du Sud.

Les actions des séparatistes ont mis à rude épreuve les relations entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, qui entretiennent des liens étroits et sont membres de l’OPEP, le cartel pétrolier, mais qui se livrent également une concurrence acharnée pour l’influence et le commerce international ces dernières années.

On observe également une escalade de la violence au Soudan, autre pays riverain de la mer Rouge, où le royaume et les Émirats soutiennent des forces opposées dans le conflit qui ravage le pays.