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L’ancien patron de la Fed Alan Greenspan est mort à l’âge de 100 ans

Surnommé l’«Oracle» ou le «Maestro», M. Greenspan avait dirigé l’institution chargée de la politique monétaire des États-Unis pendant 19 ans.

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Alan Greenspan L'économiste Alan Greenspan, président de la Réserve fédérale de 1987 à 2006, est photographié dans son bureau à Washington, le vendredi 18 octobre 2013. (J. Scott Applewhite)

L’ancien président de la banque centrale des États-Unis (Fed) Alan Greenspan est mort lundi à l’âge de 100 ans, ont annoncé des médias américains, en citant le communiqué de sa femme, la journaliste de NBC News Andrea Mitchell.

Surnommé l’«Oracle» ou le «Maestro», M. Greenspan avait dirigé l’institution chargée de la politique monétaire des États-Unis pendant 19 ans, entre 1987 et 2006.

Celui qui avait érigé la déclaration alambiquée en instrument d’influence monétaire est parvenu à inspirer la confiance sur les marchés financiers et à travailler aussi bien avec des présidents américains républicains que démocrates.

«Je dois vous dire que si je semble particulièrement clair, c’est sans doute que vous ne m’avez pas compris», avait-il ironisé dans un discours en 1988. Ses petites phrases ont toutefois souvent fait trembler les marchés financiers, à l’instar de son commentaire sur leur «exubérance irrationnelle» en décembre 1996 en pleine montée de la bulle internet.

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Fils d’un courtier en Bourse de religion juive qui quittera rapidement le foyer et d’une vendeuse d’origine polonaise, Alan Greenspan est né le 6 mars 1926 à New York.

Marquant un net penchant pour les mathématiques dès son plus jeune âge, il fréquente aussi une école de musique et tâtera du jazz comme clarinettiste. Mais il choisira rapidement de faire carrière dans la finance.

L’une des influences intellectuelles les plus notables exercées sur lui aura été celle d’Ayn Rand, une romancière-philosophe libertaire (1905-1982) qui fonde le mouvement de «l’objectivisme», prônant les vertus de l’individualisme rationnel et du capitalisme du «laissez-faire».

Ayn Rand était une amie de sa première femme, la peintre Joan Mitchell, épousée en 1952 mais dont il se séparera au bout d’à peine un an. Il ne se remariera qu’en 1997 à 71 ans avec son amie de longue date Andrea Mitchell (sans rapport avec la précédente), journaliste vedette de la chaîne de télévision américaine NBC.

C’est avec Richard Nixon qu’il entre en politique, lorsque, après avoir fondé un cabinet de consultant économique, il est engagé comme conseiller lors de sa campagne présidentielle victorieuse en 1967. Il sera ensuite nommé chef des conseillers économiques de la Maison Blanche en 1974, juste avant que Nixon ne soit contraint de démissionner après le scandale du Watergate.

Cinq mandats

Nommé par Ronald Reagan à la tête de la Fed en 1987 où il succède à Paul Volcker, Alan Greenspan, seulement en poste depuis quelques semaines, fait face à un des plus grands krachs boursiers de l’histoire, le fameux «Lundi noir» 19 octobre 1987. La bourse américaine perd plus de 20% en une journée. Par son action prompte où la Fed injecte de massives liquidités pour assurer le refinancement des banques, il sort victorieux de ce baptême du feu.

Républicain affiché, il sera reconduit pour cinq mandats au total par George Bush père, puis par le démocrate Bill Clinton avec qui il s’entend bien et enfin George Bush fils.

Il manifeste sa capacité à travailler en bonne intelligence également avec les démocrates, notamment le secrétaire au Trésor de Bill Clinton, Robert Rubin, dans les années 90. Ils mettront tous deux en oeuvre une politique de réduction du déficit budgétaire qui culminera avec les excédents enregistrés de 1998 à 2001.

A la fin des années 90, le climat économique est au beau fixe et les baby-boomers contemplent leurs plans d’épargne-retraite caracoler en bourse dans le sillage des actions internet de «la nouvelle économie». «Il est raisonnable d’affirmer que nous assistons pendant cette décennie aux États-Unis à la démonstration la plus convaincante de l’histoire d’êtres libres opérant dans un marché libre», commente Alan Greenspan en 1999.

Un an plus tard, l’éclatement de la bulle financière liée à la «Dot.com economy» ne lui sera pas reproché, puisqu’il semblait l’avoir déjà prévu en s’étonnant de cette fameuse «exubérance irrationnelle» des boursiers quelques années plus tôt.

Lorsqu’il quitte la banque centrale en 2006, il rédige des mémoires intitulées «The Age of Turbulence», ayant été témoin durant ses mandats de deux récessions, un krach boursier, une crise financière en Asie (1997) sans compter les attentats de 2001. Mais lorsque la crise financière de 2008 éclate aux États-Unis, beaucoup lui reprocheront d’avoir encouragé la dérégulation et d’avoir conservé des taux bas malgré le gonflement de la bulle immobilière nourrie par les prêts à risque (subprimes).

Sonné, il concédera en 2008 devant le Congrès l’interrogeant sur la crise qui va conduire à la plus profonde récession depuis les années 30: «Oui, j’ai trouvé une faille (...) et cela m’a plongé dans un grand désarroi».