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L’ambassadeur américain en Israël crée une controverse au Moyen-Orient

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Un Palestinien marche le long d'un mur séparant la Cisjordanie et Jérusalem-Est, le 15 février 2026. PHOTO AP/Ohad Zwigenberg Un Palestinien marche le long d'un mur séparant la Cisjordanie et Jérusalem-Est, le 15 février 2026. (Ohad Zwigenberg/Associated Press)

Les pays arabes et musulmans ont vivement condamné samedi les propos de l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, qui a déclaré qu’Israël avait droit à une grande partie du Moyen-Orient.

M. Huckabee s’est exprimé lors d’une interview avec le commentateur conservateur Tucker Carlson diffusée vendredi. M. Carlson a déclaré que, selon la Bible, les descendants d’Abraham recevraient des terres qui couvriraient de nos jours la quasi-totalité du Moyen-Orient, et a demandé à M. Huckabee si Israël avait droit à ces terres.

M. Huckabee a répondu que «ce serait très bien s’ils prenaient tout.» Il a toutefois ajouté que l’État hébreu ne cherchait pas à étendre son territoire, mais avait le droit à la sécurité sur les territoires qu’il détient légitimement.

Ses commentaires ont immédiatement suscité une vive réaction de la part de l’Égypte et de la Jordanie voisines, de l’Arabie saoudite, de l’Organisation de coopération islamique et de la Ligue des États arabes, qui, dans des déclarations séparées, les ont qualifiés d’extrémistes, de provocateurs et de non conformes à la position des États-Unis.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a reproché à M. Huckabee d’avoir «un discours extrémiste et inacceptable». Il a demandé au département d’État de clarifier sa position à leur sujet.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères a dénoncé les propos de l’ambassadeur, disait qu’ils représentaient une «violation flagrante» du droit international.

«Israël n’a aucune souveraineté sur les territoires palestiniens occupés ou d’autres terres arabes», a-t-il lancé.

De son côté, la Ligue des États arabes a déclaré que ces «déclarations de cette nature, extrémistes et dépourvues de tout fondement solide, ne servaient qu’à attiser les sentiments et à susciter des émotions religieuses et nationales».

Israël et les États-Unis n’ont pas commenté dans l’immédiat.

Ces derniers mois, Israël a tenté de renforcer son contrôle sur la Cisjordanie occupée. Il a considérablement intensifié la construction de colonies juives, légalisé les avant-postes et apporté des changements bureaucratiques importants à ses politiques dans le territoire. Le président américain Donald Trump a déclaré qu’il ne permettrait pas à Israël d’annexer la Cisjordanie et a donné de solides assurances qu’il bloquerait toute tentative en ce sens.

Depuis des décennies, les Palestiniens réclament un État indépendant en Cisjordanie et à Gaza, avec Jérusalem-Est pour capitale, une revendication soutenue par une grande partie de la communauté internationale.

M. Huckabee s’oppose depuis longtemps à l’idée d’une solution à deux États pour Israël et le peuple palestinien. Dans une interview accordée l’année dernière, il a déclaré qu’il ne croyait pas qu’il fallait qualifier de «Palestiniens» les descendants arabes des personnes qui vivaient dans la Palestine sous contrôle britannique.

Dans la dernière interview, M. Carlson a interrogé Huckabee sur son interprétation des versets bibliques du livre de la Genèse, où il est dit que Dieu a promis à Abraham et à ses descendants la terre s’étendant du Nil à l’Euphrate.

«Cela correspondrait au Levant, c’est-à-dire Israël, la Jordanie, la Syrie et le Liban. Cela inclurait également une grande partie de l’Arabie saoudite et de l’Irak», a mentionné M. Carlson.

Huckabee doute que les États-Unis aillent aussi loin. «Je veux dire, ce serait un vaste territoire», a-t-il répondu.