L’Iran a frappé l’ambassade américaine dans la capitale saoudienne avec un drone tôt mardi matin, tout en continuant à frapper des cibles dans la région, tandis que les États-Unis et Israël ont bombardé l’Iran dans le cadre de ce que le président américain Donald Trump a qualifié de début d’une campagne implacable qui pourrait durer plus d’un mois.
L’attaque de deux drones contre l’ambassade américaine à Riyad a provoqué un «incendie limité» et des dégâts mineurs, selon le ministère saoudien de la Défense, qui n’a pas donné plus de détails. Elle fait suite à une attaque perpétrée la veille contre l’ambassade américaine au Koweït.
L’extension des représailles iraniennes à travers le Golfe et l’intensité des attaques israéliennes et américaines, l’assassinat du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, et l’absence de tout plan de sortie apparent laissent présager un conflit prolongé aux conséquences considérables.
De nombreux pays considérés comme des refuges sûrs au Moyen-Orient ont été frappés par l’Iran en représailles aux frappes américaines et israéliennes. Parmi les cibles récentes figurent deux centres de données Amazon aux Émirats arabes unis et un drone qui s’est écrasé près d’un autre centre à Bahreïn, causant des dégâts, a indiqué mardi la société.
L’Iran a également frappé des installations énergétiques au Qatar et en Arabie saoudite, et attaqué plusieurs navires dans le détroit d’Ormuz, l’étroite embouchure du golfe Persique par laquelle transite un cinquième de tout le pétrole commercialisé, provoquant une flambée des prix mondiaux du pétrole et du gaz naturel.
Le département d’État américain a exhorté les citoyens américains à quitter plus d’une douzaine de pays du Moyen-Orient en raison des risques pour leur sécurité, à l’instar de nombreux autres pays, mais la fermeture d’une grande partie de l’espace aérien empêche beaucoup d’entre eux de quitter la région.
Donald Trump a expliqué que les opérations devraient durer quatre à cinq semaines, mais qu’il était prêt à «aller bien plus loin que cela».
«Les coups les plus durs doivent encore venir de l’armée américaine», a assuré le secrétaire d’État Marco Rubio aux journalistes avant d’informer les membres du Congrès de l’opération en Iran.
Des centaines de morts en Iran, des dizaines au Liban et 11 en Israël
La Société du Croissant-Rouge iranien a déclaré que l’opération américano-israélienne avait fait au moins 555 morts. En Israël, où plusieurs endroits ont été touchés par des missiles iraniens, 11 personnes ont été tuées. Les frappes de représailles israéliennes contre le Hezbollah ont fait des dizaines de morts au Liban.
«Une escalade militaire forcerait davantage de familles à quitter leur foyer et toucherait durement les civils», a souligné Amy Pope, directrice générale de l’Organisation internationale pour les migrations, alors qu’elle appelait mardi la communauté internationale à faire pression pour une désescalade.
«Des millions de personnes sont déjà déplacées dans la région», a-t-elle ajouté.
L’armée américaine a confirmé la mort de six militaires américains. Tous les six étaient des soldats de l’armée de terre et faisaient partie de la même unité logistique au Koweït, selon un responsable américain qui n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement et s’est exprimé sous couvert d’anonymat.
Trois personnes auraient été tuées aux Émirats arabes unis, et une au Koweït et une autre à Bahreïn.