L’Afrique du Sud a déploré mercredi les restrictions de visa imposées par Washington contre des responsables sud-africains, accusant une nouvelle fois l’administration de Donald Trump de s’aligner sur des représentations erronées portées par des groupes extrémistes issus de la minorité blanche du pays.
Les restrictions de visa annoncées mardi par Washington, qui n’a pas rendu public la liste des responsables visés, constituent un nouvel épisode des relations diplomatiques délétères entre les deux pays depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Ces relations ont été marquées par l’imposition de droits de douane les plus élevés d’Afrique sub-saharienne, par l’expulsion de l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux États-Unis ou encore le boycottage du président américain au sommet du G20 fin 2025 à Johannesburg.
Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a expliqué que les restrictions de visa ciblaient ceux qui font la promotion de «discriminations raciales», notamment contre les Afrikaners, ceux qui incitent à la violence ou facilitent des expropriations de terres sans compensations.
Des accusations que Pretoria rejette fermement depuis des mois comme autant de fausses informations ou de raccourcis biaisés sur des politiques de discrimination positive ou d’accès à la terre visant à corriger les inégalités héritées de la colonisation puis du régime ségrégationniste d’apartheid mis en place par la minorité blanche jusqu’au début des années 1990.
Le ministre des Affaires étrangères Ronald Lamola a déclaré que Pretoria considérait cette décision «avec préoccupation» et que Washington reprenait des narratifs véhiculés par des groupes marginaux.
«Nous réaffirmons que le fait de surmonter les divisions du passé et d’établir une société fondée sur les valeurs démocratiques, la justice sociale et les droits fondamentaux de la personne est un impératif constitutionnel», a déclaré Lamola dans un communiqué.
Les États-Unis ont prévenu que d’autres mesures «strictes» devaient suivre.
«Cette restriction de visas n’est que la première étape d’une série de mesures graduelles qui montrera la ferme détermination de l’Amérique à résoudre cette question», a annoncé mercredi l’ambassadeur américain à Pretoria Brent Bozell.
En mai, Donald Trump a augmenté de 7 500 à 17 500 le plafond annuel de réfugiés aux États-Unis, l’administration républicaine disant désormais vouloir privilégier les Sud-Africains blancs victimes selon elle de «persécution», ce que Pretoria dément catégoriquement.
Ces derniers mois, les deux gouvernements poursuivaient leurs discussions pour tenter de retisser des liens, l’Afrique du Sud représentant le premier partenaire commercial des USA en Afrique, avec 500 entreprises implantées et 30.000 ressortissants installés dans le pays.
Le ministre Lamola appelle mercredi ses homologues américains à s’abstenir «d’actions unilatérales» et à privilégier «un engagement constructif» par le biais de la diplomatie.
