L’administration du président Donald Trump refuse de communiquer des documents attestant de l’étendue de son influence sur la gestion du Kennedy Center, selon les avocats d’une députée démocrate. Cette députée conteste le projet du président républicain de fermer ce centre dédié aux arts du spectacle pour y effectuer des travaux de rénovation.
Une liste de documents en possession du Kennedy Center suggère que M. Trump a été en «contact quasi permanent» avec la direction du centre, soit directement, soit par l’intermédiaire de tiers, ont déclaré dimanche les avocats de la plaignante dans un mémoire déposé devant le tribunal.
Les avocats de la députée Joyce Beatty, démocrate de l’Ohio et membre d’office du conseil d’administration du Kennedy Center, demandent au tribunal d’ordonner à l’administration de remettre les documents, courriels et textos qu’elle a retenus au motif qu’ils contiendraient des communications présidentielles protégées par le secret.
«Ces communications ont un lien direct avec les questions dont est saisie la Cour, et l’invocation du secret présidentiel ne saurait être retenue», ont écrit les avocats de Mme Beatty.
Le juge fédéral de district Christopher Cooper ne s’est pas immédiatement prononcé sur leur demande visant à obtenir la divulgation de ces documents.
La liste des documents retenus comprend 19 textos échangés entre Matt Floca, directeur exécutif et PDG du Kennedy Center, et Natalie Harp, assistante exécutive de M. Trump concernant les questions liées au Kennedy Center. Ils ont échangé 11 de ces messages le 15 septembre, jour où le conseil d’administration du centre a voté pour la troisième fois en faveur de la fermeture de l’établissement, selon les avocats de Mme Beatty.
La liste comprend également environ 180 textos liés au centre échangés entre M. Floca et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick, qui agissait en tant qu’«intermédiaire» de M. Trump, affirment les avocats de Mme Beatty. Les avocats de la plaignante soupçonnent l’administration de se livrer à des «manœuvres» illicites.
«Sans accès à ces éléments, (Mme Beatty) ne disposera pas d’une vision complète des agissements des défendeurs», ont-ils écrit.
La Maison-Blanche n’a pas immédiatement commenté cette requête judiciaire.
Le juge Cooper, nommé à la magistrature par le président démocrate Barack Obama, a statué en mai que le Kennedy Center avait illégalement ajouté le nom du président Trump au bâtiment et a ordonné son retrait.
M. Trump, qui a été nommé président du Kennedy Center l’année dernière par des fidèles au sein de son conseil d’administration, a déclaré que le bâtiment était dans un état dangereux et qu’il faudrait le «démolir». Le conseil d’administration a voté la fermeture du centre après que le juge Cooper eut empêché l’institution de remettre le nom de M. Trump sur le bâtiment.
Le 16 septembre, M. Floca a ordonné la fermeture temporaire du bâtiment principal du centre. Le lendemain, le juge Cooper a ordonné au Kennedy Center de donner un préavis de 30 jours avant d’apporter toute modification physique majeure au bâtiment.
