International

La Virginie appelée à voter pour riposter au redécoupage électoral voulu par Trump

Sur les 11 députés que la Virginie compte au Congrès américain, six sont actuellement démocrates.

Publié le 

Une personne vote lors du référendum sur le redécoupage électoral en Virginie à la Lyles-Crouch Traditional Academy, mardi 21 avril 2026, à Alexandria, en Virginie. Une personne vote lors du référendum sur le redécoupage électoral en Virginie à la Lyles-Crouch Traditional Academy, mardi 21 avril 2026, à Alexandria, en Virginie. (Julia Demaree Nikhinson)

Les électeurs de l’État américain de Virginie sont appelés à se prononcer mardi sur une nouvelle carte électorale favorable aux démocrates, un référendum vu comme une riposte au redécoupage exigé par Donald Trump dans plusieurs États républicains.

Sur les 11 députés que la Virginie compte au Congrès américain, six sont actuellement démocrates. Avec le nouveau découpage territorial proposé, l’espoir à gauche est de voir ce chiffre monter jusqu’à 10 lors des élections cruciales de mi-mandat en novembre.

Les républicains, qui ont perdu il y a quelques mois le siège de gouverneur dans cet État de la côte Est, bataillent de leur côté pour faire gagner le «non» au référendum.

Les derniers sondages donnent un avantage de quelques points au «oui», mais une surprise n’est pas à exclure, estime auprès de l’AFP le professeur Larry Sabato, directeur du Center for Politics à l’université de Virginie.

L’enjeu du scrutin — quatre sièges à la Chambre des représentants — fait que des millions de dollars ont été dépensés par les deux camps, et que Donald Trump lui-même s’est immiscé dans la campagne.

Trump et Obama en renfort

Le président américain s’est joint par téléphone à un réunion lundi soir, lors duquel il a exhorté à voter «non», prévenant les habitants de Virginie que «le pays entier observe» le scrutin.

Après l’ouverture des bureaux de vote, Donald Trump a aussi appelé sur sa plateforme Truth Social à «sauver le pays», en rejetant l’initiative de l’opposition.

Côté démocrate, on a aussi fait appel à de grands pontes du parti.

«J’habite en Virginie et je ne peux pas allumer ma télé sans voir cinq pubs d’Obama appelant au “oui”», explique Larry Sabato.

Barack Obama reste une figure très populaire, à tel point que le camp adverse l’utilise aussi, en diffusant une vieille vidéo où l’ex-président démocrate critique le gerrymandering.

Cette pratique consiste à redessiner les circonscriptions d’un État de manière à diluer le vote d’un parti, avec souvent pour résultat des contours géographiques ubuesques.

Donald Trump a ressorti en 2025 cette vieille recette de cuisine électorale, en exigeant auprès du Texas un redécoupage qui permettrait aux républicains de gagner cinq sièges au Congrès.

L’Ohio et la Caroline du Nord ont suivi l’exemple texan et ont redessiné leur carte pour offrir une poignée de sièges supplémentaires au parti présidentiel.

«Le mal par le mal»

Face à cette offensive, le Parti démocrate a décidé de riposter et de procéder à son propre redécoupage dans certains États, principalement en Californie.

Dans cet État qui vote très largement à gauche, une nouvelle carte a été largement approuvée par référendum en novembre dernier, et devrait permettre d’annuler les gains républicains au Texas.

Mais en Virginie, les responsables démocrates font face à un résultat bien plus incertain qu’en Californie.

«Il existe une part de démocrates qui sont fondamentalement opposés au gerrymandering et qui disent qu’on ne guérit pas le mal par le mal», explique le politologue Larry Sabato.

Si suffisamment d’entre eux décident de voter «non» ou de s’abstenir, la nouvelle carte pourrait ne jamais voir le jour, d’autant que le vote par anticipation montre une forte participation des zones rurales de Virginie traditionnellement républicaines, précise le professeur.

Une victoire du «non» serait un camouflet pour la nouvelle gouverneure démocrate, Abigail Spanberger, qui a milité pour ce redécoupage.

L’issue du référendum aura également des conséquences dans le reste du pays, puisque le gouverneur républicain de Floride, Ron DeSantis envisagerait de redécouper à son tour son État si le «oui» venait à l’emporter en Virginie.