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La victime présumée du viol collectif à Cornell aurait été visée par un événement de «swatting»

L’avocat de «Jane Doe» a accordé une entrevue à CNN.

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Viol à Cornell: manifestation en soutien à la victime présumée à New York Cornell: des dizaines d'étudiants et des enseignants se sont rassemblés devant l'université Columbia, à New York, en soutien à "Jane Doe".

La jeune femme qui aurait été victime d’un viol collectif à l’Université Cornell aurait également été visée par un épisode de swatting, a rapporté son avocat, Thomas Giuffra, dans une entrevue avec CNN, jeudi.

Le swatting est un phénomène où une personne ou un groupe cherche à intimider ou harceler une victime en provoquant une intervention policière d’urgence à son endroit alors qu’aucune victime n’est en danger.

Des policiers sont intervenus dans la maison des parents de celle que l’on surnomme «Jane Doe» pour protéger son identité mardi après avoir reçu une information selon laquelle «quelqu’un tuait des gens dans la résidence».

Les agents ont pointé des armes vers son père, son frère et son petit ami. Ces deux derniers se trouvaient dans un véhicule et s’apprêtaient à quitter le domicile lors de l’intervention policière. Le petit ami de Jane Doe a été jeté au sol.

Cet épisode s’ajoute à des événements de doxxing (lorsqu’une entité révèle des informations privées d’un individu comme son identité, son adresse ou son numéro de téléphone, par exemple), de menace de mort et de messages haineux publiés sur les réseaux sociaux, énumère M. Giuffra.

«Je ne crois pas qu’elle soit dans une bonne situation en ce moment. Elle a peur», a-t-il confié à CNN.

«Avant (cette semaine), ce n’était qu’une poignée de fous, que l’on pouvait ignorer. Maintenant, il s’agit de quelqu’un qui prend des mesures concrètes pour vous nuire, et c’est assez effrayant.»

—  Thomas Giuffra, avocat de «Jane Doe»

Un peu avant l’arrivée des policiers, Jane Doe a reçu un appel de quelqu’un affirmant porter le même prénom que l’un des sept hommes qu’elle avait cités dans sa plainte civile, ce qui l’a laissée dans un état de panique.

M. Giuffra a justement partagé avec CNN un appel téléphonique qui a été passé à son bureau mercredi. L’interlocuteur s’est présenté comme celui qui a appelé sa cliente. «Je vous le dis sans détour : je pense que vous devriez conseiller à votre client de retirer sa plainte. Sinon, il y aura des morts», peut-on entendre dans l’appel qui a été enregistré, selon le média américain.

La police et le FBI enquêtent sur ce cas de swatting.

L’affaire Cornell

Jane Doe affirme avoir été agressée sexuellement par plusieurs membres de la fraternité Chi Phi il y a deux ans, après avoir été contrainte de boire de l’alcool et de consommer des drogues.

La jeune femme a signalé l’agression présumée à la police de Cornell en novembre 2024, trois semaines après les faits, selon ses dires. La police du campus a mené une enquête et transmis un résumé de ses conclusions au bureau du procureur, qui s’est appuyé sur ces informations pour décider de ne pas engager de poursuites pénales.

Aucune poursuite pénale n’a été engagée. Le chapitre de Chi Phi a été dissous, et l’université a indiqué avoir expulsé certains étudiants et en avoir suspendu d’autres. Les hommes accusés ont tous soit nié avoir participé aux faits, soit affirmé que les rapports sexuels avaient eu lieu de manière consensuelle.

Cornell dans l’eau chaude

Ces derniers jours, la pression s’est intensifiée concernant la réponse de Cornell aux allégations. Depuis la semaine dernière, l’enquête a été rouverte et des poursuites envisagées contre les agresseurs présumés, tous ex-membres d’une fraternité - organisation étudiante exclusivement masculine.

La semaine dernière, lors d’une audience de l’assemblée étudiante qui a permis aux étudiants d’exprimer leurs préoccupations et de discuter de propositions visant à améliorer la réponse de Cornell face aux agressions sexuelles, plusieurs intervenants ont réclamé la démission du président de l’université, Michael Kotlikoff.

M. Kotlikoff a reconnu que le manque de communication de Cornell concernant la gestion de cette affaire avait suscité de la frustration, affirmant que cela avait entraîné un climat de méfiance. Tout en invoquant des «contraintes juridiques et de confidentialité réelles» quant aux informations que l’université peut divulguer, il s’est engagé à faire preuve d’une plus grande transparence et à offrir davantage d’occasions aux étudiants, aux parents et aux autres parties prenantes de dialoguer avec les dirigeants de l’université.

«Nous en tant que communauté, devons faire mieux»: le président de l'Université Cornell réagit Alors que l'établissement a fait les manchettes cette semaine en raison de sa gestion d'allégations de viol collectif, le président de l'Université Cornell a réagi samedi soir dans une déclaration vidéo.

Il a également assuré le soutien de Cornell aux initiatives législatives visant à modifier les lois de l’État de New York en matière d’agressions sexuelles.

Sally Yates, qui a été procureure générale adjointe des États-Unis, deuxième plus haute fonction au sein du ministère de la Justice, de 2015 à 2017, doit examiner la gestion par l’établissement de l’affaire.

«Il est impératif que Cornell accepte de porter sur ses propres pratiques le même regard rigoureux que celui que nous portons sur les autres», a déclaré dans un communiqué Anne Meinig Smalling, présidente du conseil d’administration de cette université située à Ithaca, au nord-est de l’État de New York.

«Nous voulons comprendre non seulement ce qui s’est passé en 2024, mais aussi comment Cornell peut devenir un modèle dans la prévention des violences sexuelles» et l’accompagnement des personnes qui en sont victimes, a-t-elle ajouté.

Lundi quelques milliers d’étudiants et membres du personnel universitaire se sont rassemblés sur le campus pour réclamer justice pour la plaignante, brandissant des pancartes proclamant notamment «Protégez les survivantes» de viol et d’agressions sexuelles.

Sur les réseaux sociaux, des utilisateurs ont parallèlement apporté leur soutien en partageant le hashtag #IAmJaneDoe.

Selon une étude publiée en 2020 par l’Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des au baccalauréat indiquaient avoir été victimes d’un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.

Avec de l’information de CNN, de l’Associated Press et de l’Agence France-Presse