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La vice-présidente des Philippines Sara Duterte visée par un mandat d’arrêt

Elle est accusée d’avoir proféré des menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos, son épouse et un ancien député.

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ARCHIVES - La vice-présidente philippine Sara Duterte fait un geste tout en s'exprimant lors d'une conférence de presse à Manille, aux Philippines, le vendredi 7 février 2025. Photo AP ARCHIVES - La vice-présidente philippine Sara Duterte fait un geste tout en s'exprimant lors d'une conférence de presse à Manille, aux Philippines, le vendredi 7 février 2025. Photo AP (Basilio Sepe)

Un tribunal philippin a lancé vendredi un mandat d’arrêt contre la vice-présidente Sara Duterte, poursuivie pour avoir proféré des menaces de mort contre le président Ferdinand Marcos, son épouse et un ancien député.

Sara Duterte, 48 ans, a été inculpée le mois dernier pour «menaces graves», après avoir affirmé lors d’une conférence de presse avoir engagé un tueur à gages pour assassiner le président, son épouse et son cousin, l’ancien député Paolo Duterte, si elle-même venait à être tuée.

Cette menace présumée constitue également un élément central du procès en destitution de la vice-présidente devant le Sénat. Une condamnation entraînerait sa destitution et son interdiction définitive d’exercer une fonction politique.

Le porte-parole du ministère de la Justice, Polo Martinez, a confirmé vendredi que le mandat d’arrêt avait été délivré, précisant qu’un tribunal régional de Quezon City avait rejeté une demande visant à en reporter l’exécution.

Le mandat ne devrait toutefois pas conduire immédiatement à l’arrestation de Mme Duterte, fille de l’ancien président d’extrême droite Rodrigo Duterte.

Selon Paolo Tamase, professeur de droit à l’Université des Philippines, ses avocats devraient désormais demander sa libération sous caution, éventuellement dès vendredi. Le juriste a également indiqué que le mandat pourrait être contesté devant une juridiction supérieure.

L’équipe juridique de la vice-présidente a affirmé qu’elle n’avait «aucune intention de se soustraire à la loi» et continuerait à «faire valoir tous les recours légaux» à sa disposition.

Le ministère de la Justice a rejeté les arguments de ses avocats selon lesquels elle ne pourrait pas être poursuivie pénalement pour des faits également liés à sa procédure de destitution.

Sara Duterte a été mise en accusation en mai par la Chambre des représentants pour plusieurs chefs, notamment corruption et détournement de fonds. Une condamnation par le Sénat mettrait également fin à ses ambitions de briguer la présidence en 2028.

Les Philippines vivent une période de forte tensions politiques depuis la brouille entre le président Ferdinand Marcos et Mme Duterte, son alliée au moment de la présidentielle de 2022.

La mésentente a rapidement éclaté au grand jour quand M. Marcos lui a confié le portefeuille de l’Éducation - dont elle a démissionné ensuite en juin 2024—, au lieu de la Défense qu’elle convoitait.

Sara Duterte disposait il y a encore quelques mois d’importants soutiens au Sénat et de l’appui de deux influentes sectes chrétiennes qui ont organisé de gigantesques manifestations en sa faveur.