La veuve de l’opposant russe Alexeï Navalny a averti mardi que les régimes autocratiques et les partis d’extrême droite européens coopéraient de plus en plus entre eux, en présentant un nouveau rapport sur cette «solidarité autoritaire».
«Ils apprennent les uns des autres, ils travaillent ensemble» et ne seront «vaincus que si ceux qui luttent pour la liberté coopèrent eux aussi», a plaidé Ioulia Navalnaïa, qui dirige l’ONG Human Rights Foundation, devant des journalistes à Londres.
Quant aux dictateurs, «ils sont de plus en plus rusés», a-t-elle souligné. «Ils savent exploiter les systèmes financiers et juridiques des pays occidentaux et contourner les restrictions et les sanctions», a-t-elle insisté.
Le rapport présenté mardi souligne notamment qu’à l’approche d’échéances électorales notamment en France ou en Espagne, les partis européens qu’il classe à l’extrême droite, comme le Rassemblement National (RN) en France, l’AfD en Allemagne, ou Reform UK au Royaume-Uni — «formalisent» de plus en plus leurs relations pour se «légitimer» mutuellement.
Le président du RN, Jordan Bardella, a notamment participé à la conférence du parti Reform UK début septembre.
Le rapport affirme aussi que l’AfD, qui a début octobre remporté pour la première fois la présidence d’un Parlement régional allemand, a récemment «approfondi ses relations avec la Russie», allant «au-delà d’un soutien financier» vers un dialogue plus «substantiel».
Le rapport souligne aussi que les conflits, dont la guerre entre les États-Unis et l’Iran, agissent comme «des accélérateurs» dans la constitution d’«alliances militaires entre régimes autoritaires».
Depuis la mort d’Alexeï Navalny — l’opposant au président russe Vladimir Poutine décédé en prison en 2024, empoisonné par une toxine rare selon les résultats d’une enquête européenne publiée en février — Mme Navalnaïa est devenue une figure de proue de l’opposition russe en exil.
Si Pékin et Moscou sont les «principaux points d’ancrage d’un axe mondial de l’autocratie», une coopération tant médiatique que technologique s’est «institutionnalisée» entre pays et acteurs partageant la même vision, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est, souligne encore le rapport.
La Human Rights Foundation a collaboré avec Action for Democracy, autre ONG basée aux États-Unis, pour élaborer ce rapport sur les dernières tendances de l’«Indice de collaboration autoritaire».
Pour Domonkos Kovacs, responsable du projet à l’origine de cet indice, l’objectif est de «mettre en lumière» cette «solidarité autoritaire» croissante, qui permet à des «dictateurs de s’entraider pour étouffer toute dissidence».
