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La Russie teste un nouveau missile balistique intercontinental

«C’est le système de missiles le plus puissant du monde.»

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Sur cette image tirée d'une vidéo fournie mardi 12 mai 2026 par le service de presse du ministère russe de la Défense, on voit le nouveau missile balistique intercontinental russe « Sarmat » lors d'un tir d'essai effectué dans un lieu non précisé en Russie. Sur cette image tirée d'une vidéo fournie mardi 12 mai 2026 par le service de presse du ministère russe de la Défense, on voit le nouveau missile balistique intercontinental russe « Sarmat » lors d'un tir d'essai effectué dans un lieu non précisé en Russie. (AP)

La Russie a annoncé mardi avoir testé avec succès un nouveau missile balistique intercontinental (ICBM) et précisé qu’il serait «opérationnel pour le combat» dès la fin de cette année, quelques mois après l’expiration du traité New Start qui ne lie plus Moscou et Washington sur le désarmement nucléaire.

«C’est le système de missiles le plus puissant du monde», a affirmé le président russe Vladimir Poutine après avoir reçu un rapport faisant état d’un tir réussi du missile Sarmat, qui peut, selon lui, avoir une portée de plus de 35 000 km.

«La puissance totale de l’ogive livrée est plus de quatre fois supérieure à celle de n’importe lequel des (engins) analogues occidentaux existants les plus puissants», a-t-il ajouté.

La mise en service de ce missile, baptisé «Satan II» par les Occidentaux, avait d’abord été annoncée pour 2022, l’année du déclenchement de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine.

«À la fin de cette année, le Sarmat sera opérationnel pour le combat», a déclaré Vladimir Poutine.

Le Kremlin a affirmé avoir informé les États-Unis de ce tir d’essai, selon l’agence de presse officielle TASS.

Pour Pavel Podvig, de l’Institut des Nations unies pour la recherche sur le désarmement, le déploiement cette année du «plus gros missile» russe est réaliste. Mais, a-t-il ajouté, cela n’aura pas pour conséquence un «changement significatif du potentiel de dissuasion des forces stratégiques russes».

Le traité New Start, le dernier accord bilatéral de désarmement nucléaire liant Russes et Américains, a expiré en février dernier. Signé en 2010 par la Russie et les États-Unis, il limitait le nombre des lanceurs et des ogives nucléaires stratégiques déployés.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, avait assuré peu après l’expiration du traité que son pays continuerait d’observer les limites imposées à son arsenal nucléaire, à condition que les États-Unis fassent de même.

Bien que Moscou et Washington aient convenu de rétablir un dialogue militaire de haut niveau peu après l’expiration du traité New Start, aucun signe immédiat de reconduction de celui-ci n’a été constaté.

Le président américain Donald Trump a insisté à plusieurs reprises pour qu’un nouveau traité inclue la Chine, dont l’arsenal, bien qu’en augmentation, reste nettement inférieur à ceux de la Russie et des États-Unis. Mais Pékin a publiquement rejeté une telle possibilité.

Le Sarmat est le premier missile balistique intercontinental produit en Russie post-soviétique à être classé dans la catégorie des «super lourds».