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La Russie pourrait utiliser «tous les types d’armes» en cas d’attaque contre Kaliningrad

Le président Vladimir Poutine a insisté que la Russie n’a «pas l’intention d’attaquer qui que ce soit».

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Le président russe Vladimir Poutine gesticule pendant son intervention lors de la session du Club de discussion de Valdai à Moscou, jeudi 1er octobre 2026. Le président russe Vladimir Poutine gesticule pendant son intervention lors de la session du Club de discussion de Valdai à Moscou, jeudi 1er octobre 2026. (Pavel Bednyakov/AP Photo/Pavel Bednyakov)

Le président russe Vladimir Poutine a averti jeudi que la Russie pourrait utiliser «tous les types d’armes», y compris nucléaires, en cas d’attaque des armées de l’OTAN contre l’enclave de Kaliningrad, tout en insistant que la Russie n’a «pas l’intention d’attaquer qui que ce soit».

«Si l’on en vient à une attaque directe contre la Russie, en l’occurrence contre Kaliningrad, la question de l’utilisation de tous les types d’armes dont nous disposons sera à l’ordre du jour», a déclaré M. Poutine lors du forum politique de Valdaï.

Cet avertissement intervient alors que les tensions vont croissant autour de ce territoire, l’ex-Königsberg de Prusse orientale annexé par l’URSS en 1945 et qui n’a pas de frontière directe avec la Russie, bordant la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique.

Les pays de l’OTAN ont mené ces derniers mois plusieurs exercices militaires aux frontières de Kaliningrad, poussant Moscou à leur adresser un document condamnant une «montée en puissance sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance le long de nos frontières occidentales».

L’OTAN avait de son côté condamné mardi la «rhétorique nucléaire irresponsable» de la Russie contenue dans ce document.

M. Poutine a critiqué jeudi les «exercices militaires successifs en mer Baltique» et les «tentatives d’interception» des navires russes. «Tout cela constitue une escalade», a-t-il souligné.

«Nous n’avons pas l’intention d’attaquer qui que ce soit (…). Mais si nous sommes confrontés à une agression, nous riposterons. Et les citoyens des pays européens doivent le comprendre», a insisté le président russe.

Pas d’arrêt mutuel des frappes à longue portée avec l’Ukraine

Le président russe a rejeté l’idée d’un arrêt mutuel des frappes à longue portée avec l’Ukraine, qui montent en puissance depuis des mois, répondant à des propositions formulées par Kyiv et Washington.

«On nous dit : “Qu’ils cessent de frapper vos raffineries, et vous cesserez de frapper leurs navires”. C’est tout simplement ridicule», a déclaré M. Poutine lors du forum politique de Valdaï. Interrogé à nouveau sur la réponse russe à cette idée, il a répondu: «Non».

La Russie et l’Ukraine multiplient les frappes à longue portée, visant de plus en plus souvent des infrastructures civiles et faisant un nombre croissant de victimes civiles.

Moscou cible des entrepôts, stations-service, centres commerciaux, navires circulant depuis les ports ukrainiens en mer Noire et plus récemment centres de données informatiques et opérateurs téléphoniques.

Kyiv vise de son côté notamment des raffineries et dépôts de pétrole, des entrepôts de géants du cybercommerce et des navires cargos en mer Noire.

Selon M. Poutine, la Russie a «perdu environ 1% du PIB» à cause des frappes ukrainiennes sur les raffineries, qui ont provoqué une crise du carburant cet été.

Les frappes russes en Ukraine ont, elles, mis à l’arrêt le secteur de la métallurgie du pays et porté un grand coup aux exportations agricoles de Kyiv, essentielles pour l’économie.

L’Ukraine craint également l’arrivée de l’hiver, période critique lors de laquelle la Russie pourrait frapper durement les infrastructures énergétiques, comme en 2025.