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La Russie interdit les exportations de gazole face aux pénuries provoquées par les frappes ukrainiennes

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Des voitures font la queue devant une station-service Lukoil à Moscou, ce lundi 29 juin 2026. Photo AP Des voitures font la queue devant une station-service Lukoil à Moscou, ce lundi 29 juin 2026. Photo AP (Pavel Bednyakov)

La Russie a annoncé mercredi interdire les exportations de gazole, après avoir déjà pris une série d’autres restrictions ces derniers mois pour faire face aux pénuries de carburant provoquées par les frappes ukrainiennes sur ses raffineries.

«Une interdiction d’exportation de gazole est entrée en vigueur aujourd’hui, ce qui permettra d’augmenter les approvisionnements sur le marché intérieur», a déclaré le vice-premier ministre Alexandre Novak lors d’une réunion avec le président Vladimir Poutine consacrée à cette crise.

Il a qualifié la situation actuelle de «compliquée», nécessitant d’importer des produits pétroliers pour pallier le manque, a-t-il ajouté.

Vladimir Poutine a de son côté déclaré que l’Ukraine «cherche à nuire à l’économie» russe et «à créer un climat de nervosité au sein de la société», mais assuré qu’elle n’y parviendra pas car «la marge de sécurité du réseau énergétique russe est très élevée».

En réponse aux bombardements russes sur son sol, l’Ukraine a multiplié ces derniers mois les frappes sur des raffineries et dépôts de pétrole en Russie, provoquant régulièrement de grands incendies.

Ces attaques, à un moment où la demande est accrue en carburant à la saison estivale, ont provoqué des pénuries dans de nombreuses régions et notamment en Crimée, péninsule annexée en 2014.

À Saint-Pétersbourg, la deuxième ville de Russie, des habitants interrogés par l’AFP ont fait part de leurs difficultés à s’approvisionner en essence.

«J’ai dû passer par cinq ou six stations-service, elles sont tout simplement vides», raconte Roman Nikiforov, ingénieur de 36 ans, en train de faire la queue.

Svetlana Nikolaïenko, cadre de 42 ans, estime pour sa part que la «situation s’est aggravée de manière catastrophique». «Nous n’avons pas pu faire le plein ce week-end, et aujourd’hui, c’est la seule station-service que nous ayons trouvée», explique-t-elle.

«La situation s’est un peu aggravée cette semaine» pour le carburant, confirme Maxime Ivanov, ingénieur de 35 ans. «Il n’y en a plus nulle part, et on est obligé de faire le tour pour en trouver», dit-il.

Selon un décompte de l’AFP basé sur les déclarations des autorités locales et les médias locaux, près de 90% des régions russes ont connu un rationnement ou des pénuries de carburant depuis le mois de juin.

Certaines régions ont instauré des limites sur la quantité de carburant vendue par client, tandis que d’autres ont interdit le remplissage de bidons afin d’empêcher la constitution de stocks.

La Russie, l’un des principaux producteurs mondiaux de pétrole, avait déjà interdit l’exportation de certaines catégories d’essence automobile et de carburant d’aviation.