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La protection des enfants en ligne est désormais une «priorité urgente», selon l’ONU

Volker Türk a appelé à des mesures plus fermes des États comme des entreprises.

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Le logo des Nations Unies est visible dans la salle de l'Assemblée générale au siège de l'ONU, le mardi 21 septembre 2021. Le logo des Nations Unies est visible dans la salle de l'Assemblée générale au siège de l'ONU, le mardi 21 septembre 2021. (Eduardo Muñoz | The Associated Press)

Assurer la sécurité des enfants en ligne est une priorité urgente, ont souligné vendredi les Nations Unies, alertant sur les insuffisances des restrictions d’âge récemment votées dans plusieurs pays.

«Le monde numérique qui relie les enfants à l’apprentissage, à la communauté et à la créativité les expose également à des risques bien réels pour leur sécurité, leur vie privée et leur bien-être», a déclaré Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits humains, dans un communiqué.

Les atteintes en ligne «résultent de choix de conception et de pratiques commerciales qui compromettent la sécurité, notamment des fonctionnalités addictives telles que le défilement infini, la lecture automatique et les notifications incessantes des applications», a-t-il poursuivi.

«Renforcer la protection des enfants en ligne est une priorité urgente dont nous devons veiller non seulement à ce qu’elle soit mise en œuvre, mais aussi à ce qu’elle le soit correctement», a ajouté M. Türk.

Il a appelé à des mesures plus fermes des États comme des entreprises, assurant que «se contenter de limiter l’accès aux plateformes qui restent dangereuses ne saurait constituer une fin en soi pour protéger efficacement les enfants».

L’Australie a interdit en 2025 plusieurs réseaux sociaux aux moins de 16 ans, suscitant l’intérêt de nombreux pays. En France, un projet de loi visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans a été adopté par le Sénat.

Le Québec devrait-il interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans? Par Marika Simard | Depuis mercredi, les jeunes Australiens de 16 ans et moins ne peuvent plus utiliser les réseaux sociaux. Mais est-ce que cette mesure inédite pourrait s'appliquer au Québec?

Pour M. Türk, se concentrer uniquement sur ces restrictions ne changera en rien les conceptions et les algorithmes qui ont rendu ces plateformes dangereuses.

Les géants de la technologie doivent intégrer la sécurité «dès la conception, au lieu de faire porter cette responsabilité aux parents et aux enfants», a-t-il ajouté.

Le haut-commissaire aux droits humains a également souligné que les interdictions pouvaient être facilement contournées, et s’inquiète que de telles restrictions puissent pousser les enfants vers des plateformes plus risquées et encore moins surveillées.

10 lignes directrices

Son bureau a publié 10 lignes directrices pour la sécurité des enfants en ligne.

Elles prévoient notamment de garantir par défaut la protection maximale des données des enfants. Elles indiquent que le «micro-ciblage» des mineurs à des fins commerciales «ne devrait pas être autorisé».

Ces lignes directrices interrogent aussi sur d’éventuelles restrictions d’âge pour l’utilisation des robots conversationnels basés sur l’intelligence artificielle (IA) ou les fonctionnalités addictives.

Les mesures devraient être soumises à un contrôle indépendant, assorti de conséquences juridiques dissuasives, précisent les lignes directrices.

Les enfants dont les droits sont bafoués devraient également avoir accès à des voies de recours.

«Pendant trop longtemps, les plateformes et les applications sociales n’ont pas assumé cette responsabilité en comprenant pleinement les risques que les plateformes posent et en prenant les mesures nécessaires pour remédier à ces dommages», a déclaré de son côté Peggy Hicks, directrice des activités thématiques du Haut-Commissariat aux droits de l’homme, lors d’une conférence de presse «Souvent, elles ont donné la priorité à leur expansion ou à l’engagement de leurs utilisateurs plutôt qu’au bien-être des enfants», a-t-elle critiqué.

S’il n’existe pas de «solution miracle» au problème, ces lignes directrices devraient contribuer à garantir que les mesures futures soient ancrées dans les droits humains et les droits de l’enfant, selon Mme Hicks.

Selon elle, les entreprises technologiques sont face à un choix : «changer la manière dont leurs plateformes sont conçues et exploitées pour mieux protéger les droits et la sécurité des enfants, ou être contraintes de le faire sous l’effet d’une législation de plus en plus restrictive, de décisions de justice et d’amendes infligées par les autorités de régulation».