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La prochaine phase du cessez-le-feu impossible sans pression sur Israël, dit le Hamas

Cette accusation intervient alors que le gouvernement israélien se dit prêt à entamer la phase suivante.

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Des militants du Hamas et des travailleurs égyptiens, accompagnés de membres du Comité international de la Croix-Rouge, se rendent dans le quartier de Zeitoun, à Gaza, pour rechercher les dépouilles d'otages décédés, le 8 décembre 2025. (P... Des militants du Hamas et des travailleurs égyptiens, accompagnés de membres du Comité international de la Croix-Rouge, se rendent dans le quartier de Zeitoun, à Gaza, pour rechercher les dépouilles d'otages décédés, le 8 décembre 2025. (Photo AP/Jehad Alshrafi, Archives)

Un dirigeant du Hamas a menacé mardi de bloquer la prochaine phase de l’accord de cessez-le-feu à Gaza tant que la pression ne sera pas accrue sur Israël.

Il souhaite que l’État hébreu rouvre un point de passage frontalier stratégique, mette fin aux frappes meurtrières et autorise l’acheminement d’une aide humanitaire plus importante vers le territoire palestinien.

Cette accusation intervient alors que le gouvernement israélien se dit prêt à entamer la phase suivante, plus complexe, de l’accord de cessez-le-feu, tout en appelant le groupe armé à restituer la dépouille du dernier otage israélien détenu dans la bande de Gaza.

Husam Badran, membre de la branche politique du Hamas, a exigé «la pleine application de tous les termes de la première phase» avant d’aller plus loin, notamment la fin de ce qu’il a qualifié de démolition continue de maisons palestiniennes dans la partie du territoire encore contrôlée par Israël.

Selon les autorités sanitaires palestiniennes, les opérations militaires israéliennes dans la bande de Gaza ont fait au moins 376 morts parmi les Palestiniens depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre.

Le Hamas dispose de très peu de marge de manœuvre dans les négociations et pourrait subir de fortes pressions de la part d’autres dirigeants régionaux, comme le Qatar et la Turquie, pour ne pas compromettre la trêve fragile.

Israël accuse également le Hamas de violer le cessez-le-feu. L’État hébreu justifie ses frappes comme une riposte à des attaques contre ses soldats ou contre des personnes s’approchant trop près de la ligne de cessez-le-feu, bien que plusieurs des victimes soient des femmes et des enfants et que certaines frappes aient eu lieu dans la «zone de sécurité», selon des responsables palestiniens de la santé.

Alors que la crise humanitaire persiste dans la bande de Gaza, les Nations unies et d’autres organisations humanitaires jugent que l’aide acheminée sur le territoire est largement insuffisante.

Les déclarations du Hamas interviennent alors que le plan mené par les États-Unis, qui définit l’avenir du territoire dévasté, a pris de l’ampleur ces dernières semaines.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a mentionné dimanche qu’Israël et le Hamas devraient «très prochainement entrer dans la deuxième phase du cessez-le-feu», après la restitution par le Hamas de la dépouille du dernier otage détenu dans la bande de Gaza.

Parallèlement, des responsables ont annoncé qu’un organe international chargé de gouverner la bande de Gaza lors de la prochaine phase du cessez-le-feu devrait être mis en place d’ici la fin de l’année.

Le premier ministre du Qatar, le cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a indiqué samedi que le cessez-le-feu dans la bande de Gaza avait atteint un «moment critique».

Megan Janetsky

Megan Janetsky

Journaliste

Julia Frankel

Julia Frankel

Journaliste