Un gouverneur mexicain récemment accusé de trafic de drogue par les États-Unis a fait savoir qu’il avait été entendu mardi pour la première fois par les procureurs fédéraux mexicains.
Fin avril, le ministère américain de la Justice a accusé Rubén Rocha Moya, gouverneur de l’État de Sinaloa, ainsi que neuf autres personnes, d’avoir collaboré avec le cartel de Sinaloa pour distribuer des «quantités massives» de stupéfiants aux États-Unis.
C’est la première fois que des responsables politiques mexicains en fonctions sont recherchés par la justice américaine.
Les États-Unis ont déposé une demande d’arrestation et d’extradition contre 10 responsables politiques du parti au pouvoir, dont deux ont déjà négocié leur remise aux autorités américaines.
Ruben Rocha Moya, 76 ans, membre du parti Morena au pouvoir au Mexique, gouverne le Sinaloa (nord-ouest) depuis 2021. Sous son mandat, cet État a été secoué par de violents affrontements entre factions du cartel du même nom.
«Je suis fermement déterminé à répondre à tout appel des autorités chargées de l’enquête, chaque fois qu’elles le jugeront nécessaire», a écrit Rocha Moya sur X, précisant qu’il avait rencontré des représentants du bureau du procureur général à Culiacán, dans l’État de Sinaloa.
Dans son message sur X, Rocha Moya a aussi salué l’attitude de la présidente Claudia Sheinbaum, «honnête et digne d’un homme d’État» tout en affirmant qu’elle «se bat avec intelligence et un profond patriotisme pour le respect absolu de notre souveraineté nationale».
Lui-même est aussi un proche allié de l’ex-président Andrés Manuel López Obrador, le prédecesseur de Mme Sheinbaum.
Le maire de Culiacán, Juan de Dios Gamez Mendivil, et le procureur adjoint de l’État de Sinaloa, Damaso Castro — tous deux inculpés aux côtés de Rocha Moya et toujours en fonction — ont également été interrogés mardi.
Ces accusations constituent un sujet sensible dans les relations entre les États-Unis et le Mexique et interviennent peu après la mort de deux fonctionnaires américains — qui seraient des agents de la CIA — lors d’une opération antidrogue dans l’État mexicain de Chihuahua à la mi-avril.
La présidente Sheinbaum assure que son gouvernement ne protégera aucun homme politique lié au crime organisé et son gouvernement a déclaré qu’il donnerait suite aux demandes américaines si les États-Unis fournissent des preuves «irréfutables» à l’appui de leurs accusations.
