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La Hongrie va progressivement suspendre ses livraisons de gaz naturel à l'Ukraine

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Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, à Bruxelles le jeudi 19 mars 2026. Le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, à Bruxelles le jeudi 19 mars 2026. (Geert Vanden Wijngaert)

La Hongrie va progressivement suspendre ses livraisons de gaz à l’Ukraine, et ce, jusqu’à ce que l’acheminement de pétrole russe reprenne via l’oléoduc Droujba.

C’est ce qu’a annoncé mercredi le premier ministre hongrois, Viktor Orbán, qui a accusé l’Ukraine de faire du «chantage».

Le transit du gaz naturel via la Hongrie joue un rôle clé dans les besoins énergétiques de l’Ukraine, qui en est désormais à sa quatrième année de guerre avec la Russie.

Les livraisons de pétrole russe vers la Hongrie et la Slovaquie sont interrompues depuis près de deux mois à la suite d’attaques de drones russes ayant endommagé l’oléoduc, selon les responsables ukrainiens.

Les dirigeants populistes de Hongrie et de Slovaquie ont accusé l’Ukraine de bloquer délibérément les livraisons russes.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a affirmé au début du mois qu’il était réticent à autoriser le pétrole russe à continuer de transiter par son pays.

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Dans une vidéo publiée mercredi sur les réseaux sociaux, M. Orbán a tranché: «Tant que l’Ukraine ne fournira pas de pétrole, elle ne recevra pas de gaz de la Hongrie.»

M. Orbán a ajouté que la Hongrie utiliserait ce gaz pour reconstituer ses propres réserves.

L’Ukraine importe une grande partie de ses besoins en gaz via la Hongrie — environ 45 % l’année dernière, selon le cabinet de conseil ukrainien en énergie EXPRO. Ce chiffre a diminué à 38 % en janvier.

L’annonce de M. Orbán est la dernière d’une série de mesures de rétorsion prises par la Hongrie en réponse à l’interruption des livraisons de pétrole russe.

La semaine dernière, M. Orbán, qui est considéré comme le plus grand défenseur du Kremlin au sein de l’Union européenne, a bloqué un prêt de 90 milliards d’euros à l’Ukraine.

Il s’est aussi engagé à opposer son veto à toute nouvelle décision en faveur de l’Ukraine jusqu’à la reprise des livraisons de pétrole.

Le dirigeant hongrois avait auparavant suspendu les livraisons de diesel à l’Ukraine et opposé son veto à une nouvelle série de sanctions contre la Russie.