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«On en a ras-le-bol»: des centaines de milliers de manifestants contre le coût de la vie en France

«Nous savons d’ores et déjà que cette journée sera un succès et que nous serons au-dessus des journées de manifestations précédentes.»

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Manifestations en France, sous haute surveillance Des milliers de Français manifestent le 5 novembre 2026 pour le salaire et le pouvoir d'achat dans plusieurs villes du pays.  Les rassemblement sont sous haute surveillance après les débordements du 17 octobre dernier.  Des affrontements entre policiers et manifestants ont été observés à Paris et Lyon.

Des centaines de milliers de personnes manifestent jeudi en France pour les salaires et le pouvoir d’achat, lors d’une journée placée sous haute surveillance après les violences et pillages massifs du 17 octobre.

À moins de six mois de la présidentielle, avec l’extrême droite donnée favorite par les sondages, les autorités attendent 500 000 à 700 000 personnes hors de Paris et 40 000 à 80 000 personnes dans la capitale.

À 13h, 270 000 manifestants ont été recensés dans 180 cortèges, hors Paris, selon les autorités, contre 250 000 à la même heure selon une première estimation du syndicat de la CGT.

Des manifestants défilent lors d'une manifestation réclamant des salaires plus élevés et exprimant leur soutien au mouvement de protestation des lycéens, à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. Des manifestants défilent lors d'une manifestation réclamant des salaires plus élevés et exprimant leur soutien au mouvement de protestation des lycéens, à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

«Nous savons d’ores et déjà que cette journée sera un succès et que nous serons au-dessus des journées de manifestations précédentes», a indiqué la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet.

«Ils ont tout essayé pour casser la mobilisation, ils ont essayé la répression, ils ont essayé les vacances, ils ont essayé les violences, ils n’ont pas réussi», s’est-elle félicitée.

Cette journée pourrait constituer le point d’orgue d’un automne social très chaud dans un pays, deuxième économie de la zone euro, qui est surendetté et sous la surveillance étroite des marchés pour assainir ses finances.

Quelque 70 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés, les autorités promettant «une réponse d’une extrême fermeté» aux éventuels «débordements».

«Il y a une colère générale, on en a ras-le-bol, on ne crève pas de faim, mais on doit aider nos enfants qui ont pourtant fait des études», souligne à l’AFP Sylvie Larneury, 61 ans, cadre de santé, dans le cortège à Clermont-Ferrand (centre).

La police anti-émeute interpellent des manifestants lors d'une manifestation en faveur d'une augmentation des salaires et en soutien au mouvement de protestation des lycéens, à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. La police anti-émeute interpellent des manifestants lors d'une manifestation en faveur d'une augmentation des salaires et en soutien au mouvement de protestation des lycéens, à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

«Rien à bouffer»

À Marseille (sud-est), deuxième ville du pays, Léa, 31 ans, assistante sociale, munie d’une pancarte «mère en colère, la vie est trop chère», en a «ras-le-bol de compter son argent».

«On n’a rien à bouffer, ça me fait peur. J’achète des produits mauvais. On veut un caddie moins cher, de l’essence moins chère», lance-t-elle.

Pour la candidate écologiste à la présidentielle, Marine Tondelier, le président Emmanuel Macron paye «pour toute son œuvre» avec le mouvement social actuel. Il «finit son mandat comme il a gouverné, c’est-à-dire seul contre tous».

Il s’agit du premier appel à manifester depuis la rentrée qui concerne le secteur public et privé. Le mouvement a vu se rallier les lycéens et étudiants, les gilets jaunes, qui ont relancé les protestations contre la vie chère depuis trois samedis, mais aussi des agriculteurs.

Quelque 15,81% des enseignants sont en grève à l’appel des syndicats, selon le gouvernement.

Des étudiants se rassemblent devant l'université de Lyon lors d'une manifestation réclamant davantage de moyens pour l'éducation à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. Des étudiants se rassemblent devant l'université de Lyon lors d'une manifestation réclamant davantage de moyens pour l'éducation à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

Selon le décompte des autorités, 2,2 % des établissements sont «bloqués» jeudi, soit 81 lycées, sur les 3 700 lycées que compte le pays. L’Union syndicale lycéenne (USL) fait état de 1 000 lycées «à l’arrêt», soit à la fois ceux bloqués et ceux fermés administrativement.

Dans l’Enseignement supérieur, 33% des établissements sont «perturbés» selon le ministère, soit 60 sur 184. L’Union étudiante recense «90%» des quelque 70 universités de France «mobilisées», c’est-à-dire bloquées ou fermées.

Pouvoir d’achat menacé

Entre envol des prix des carburants et projet de budget d’austérité, le pouvoir d’achat est au cœur de la grogne sociale, qui n’a cessé de prendre de l’ampleur depuis la fin de l’été.

Une personne sur deux déclare s’en sortir difficilement avec les ressources de son foyer, selon un baromètre publié mercredi.

Les syndicats demandent une revalorisation du salaire minimum (SMIC), qui n’a pas connu de coup de pouce depuis 2012, une augmentation de l’ensemble des salaires, davantage de justice fiscale, une préservation des services publics, et toujours de meilleures conditions d’études pour les jeunes.

Concernant le salaire minimum, le gouvernement a annoncé qu’«il y (aurait) peut-être une mesure», avec une possible annonce vendredi.

À Lyon (centre-est), la troisième ville de France, Jean-Marc Morel, 60 ans, manifeste avec son gilet jaune accroché à la ceinture et une pancarte montrant une Marianne effondrée.

Des étudiants scandent des slogans lors d'une manifestation réclamant davantage de moyens pour l'éducation à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. Des étudiants scandent des slogans lors d'une manifestation réclamant davantage de moyens pour l'éducation à Lyon, en France, le jeudi 5 novembre 2026. (Laurent Cipriani/AP Photo/Laurent Cipriani)

«J’ai l’impression que ça prend, qu’il y a une convergence. On est là en nombre et c’est joyeux, c’est divers. On a plein de professions, des vieux, des jeunes…», décrit-il.

Le mouvement de protestation en France trouve un écho dans plusieurs pays européens.

Des milliers de lycéens, étudiants et enseignants sont à nouveau descendus dans la rue jeudi en Grèce pour réclamer davantage de moyens dans l’éducation.

Sous une banderole «De la Grèce à la France, nous nous battons pour une éducation publique et gratuite», environ 4 000 personnes ont défilé à Athènes et à Thessalonique, deuxième ville du pays et grande cité universitaire, selon la police et des journalistes de l’AFP.

Des manifestations contre la vie chère et pour exiger davantage de moyens pour l’éducation ont également eu lieu ces derniers jours en Allemagne, en Belgique et en Italie.