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La France salue les victimes juives de la rafle du Vél’ d’Hiv

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Le président des Fils et filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, et sa femme, Beate Klarsfeld, ont assisté à une cérémonie marquant le 84e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, le 19 juillet 2026. Associated Press/Thomas Padilla Le président des Fils et filles de déportés juifs de France, Serge Klarsfeld, et sa femme, Beate Klarsfeld, ont assisté à une cérémonie marquant le 84e anniversaire de la rafle du Vel d'Hiv, le 19 juillet 2026. Associated Press (Thomas Padilla)

La France a commémoré dimanche la rafle du Vél’ d’Hiv, une arrestation massive de Juifs menée par la police française en 1942, l’un des actes les plus honteux commis par le gouvernement de l’époque, sur les ordres de l’occupant nazi.

La police française a rassemblé des milliers de Juifs en l’espace de deux jours en juillet 1942, arrachant parfois les enfants des bras de leurs mères. Les prisonniers ont ensuite été conduits vers des camps de transition à Drancy, à Beaune-la-Rolande et Pithiviers avant d’être déportés vers les camps d’extermination nazis.

À l’heure où l’antisémitisme gagne du terrain, la France rend hommage chaque année à ces victimes afin de perpétuer leur mémoire.

La France abrite la plus grande population juive d’Europe et a connu une recrudescence des actes antisémites, notamment des menaces, des actes de vandalisme et des violences physiques, à la suite des attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023 et de la guerre qui s’en est suivie à Gaza.

Une plaque commémorative située à Paris, rendant hommage à un couple et à leur fille qui ont sauvé un enfant de 13 ans lors de la rafle et ont été reconnus par Israël comme «Justes parmi les nations», a été vandalisée avant la cérémonie, ont indiqué les autorités françaises.

«Attaquer les Justes, c’est profaner l’univers tout entier, a déclaré Alice Rufo, secrétaire d’État à la Défense. La plaque sera reposée. Leur mémoire reste intacte. Face à l’antisémitisme, sous toutes ses formes, la République ne cédera pas rien.»

De 1940 à 1944, l’État français, dirigé par Philippe Pétain, a exercé le gouvernement de la France métropolitaine et collaboré avec les occupants nazis.

Le nom «Vel d’Hiv» vient du vélodrome d’hiver où de nombreux détenus ont été parqués avant d’être déportés vers des camps de concentration et d’extermination. Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 4500 policiers ont été mobilisés et des dizaines d’autobus réquisitionnés. Il s’agit de la plus grande rafle de Juifs menée en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Les arrestations se sont poursuivies jusqu’au 20 juillet. Au total, 13 152 personnes ont été déportées, dont un tiers d’enfants.

Il a fallu attendre 50 ans après la Seconde Guerre mondiale pour que les dirigeants français reconnaissent officiellement l’implication de l’État dans la Shoah, lorsque le président Jacques Chirac a présenté ses excuses pour le rôle joué par les autorités françaises lors des rafles du Vel d’Hiv.