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La France demande une enquête sur le traitement des militants de la flottille à Gaza

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Des militants de la flottille Global Sumud descendent d'un avion à leur arrivée à l'aéroport d'Istanbul, à Istanbul, en Turquie, le jeudi 21 mai 2026. Photo AP/Emrah Gurel Des militants de la flottille Global Sumud descendent d'un avion à leur arrivée à l'aéroport d'Istanbul, à Istanbul, en Turquie, le jeudi 21 mai 2026. Photo AP/Emrah Gurel (Emrah Gurel)

Le gouvernement français demande aux procureurs d’enquêter sur les mauvais traitements qu’Israël aurait infligés à des militants d’une flottille à destination de Gaza, ouvrant ainsi la voie à d’éventuelles poursuites pénales.

La France avait déjà annoncé l’interdiction à vie sur le territoire français du ministre israélien de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, pour ce qu’elle a qualifié de comportement «indescriptible» envers les militants de la flottille alors qu’ils étaient détenus par Israël, après avoir tenté de briser le blocus naval israélien de Gaza.

La décision du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, de demander aux procureurs français de déterminer si des poursuites pénales pourraient être justifiées est un signe supplémentaire du mécontentement de Paris.

S’exprimant vendredi sur la radio publique France Inter, M. Barrot a déclaré avoir reçu un rapport de diplomates français en Turquie qui ont fait état de «violences sexuelles, une exposition au froid, de coups, mais aussi d’humiliations répétées à l’encontre de ressortissants français – autant de faits qui sont susceptibles de qualifications pénales».

«J’ai décidé hier de saisir la procureure de la République», a-t-il soutenu. «C’est désormais donc une affaire qui est entre les mains de la justice.»

En vertu du Code de procédure pénale français, ce sont les procureurs qui déterminent la suite à donner aux plaintes et s’il y a lieu de poursuivre.

La flottille Global Sumud, composée de 50 bateaux, a été interceptée ce mois-ci dans les eaux internationales, à environ 400 kilomètres au large des côtes israéliennes. Le gouvernement israélien a ensuite libéré et expulsé vers la Turquie des centaines de militants.

Les militants ont accusé les forces israéliennes de mauvais traitements pendant leur détention, faisant état de coups, de l’utilisation de pistolets électriques et de chiens d’attaque. Israël a nié ces mauvais traitements.

Le ministre Ben-Gvir a suscité l’indignation mondiale après avoir diffusé une vidéo dans laquelle il se moquait des militants détenus.

Douze Canadiens se trouvaient également dans la flottille, et le premier ministre Mark Carney avait qualifié d’«abominable» le traitement infligé aux civils par Israël.

Dans un message publié le 23 mai annonçant l’interdiction d’entrée de M. Ben-Gvir sur le territoire français, M. Barrot a déclaré: «Nous ne pouvons tolérer que des ressortissants français puissent être ainsi menacés, intimidés ou brutalisés, qui plus est par un responsable public.»