Les autorités floridiennes persistent dans leur projet d’assouplissement de certaines obligations vaccinales pour les écoliers de l’État, après l’appel du gouverneur républicain Ron DeSantis à faire de la Floride le premier État du pays à supprimer toute obligation vaccinale scolaire.
Pédiatres, infectiologues et enseignants ont dénoncé cette volonté de saper l’efficacité des vaccins, qui constituent depuis des générations un pilier de la santé publique pour protéger enfants et adultes contre des maladies potentiellement mortelles, mais évitables.
Des experts ont averti que la suppression de ces obligations pourrait entraîner une dangereuse recrudescence de maladies et de décès infantiles évitables, ce qui constituerait un recul par rapport à l’une des plus grandes avancées de l’histoire de la santé publique.
Vendredi, des dizaines de parents, de médecins, d’enseignants et de militants se sont réunis dans une salle de conférence d’un hôtel de Panama City Beach pour témoigner au sujet d’une modification réglementaire proposée par le Département de la Santé de Floride.
Cette modification supprimerait l’obligation pour les enfants de Floride d’être vaccinés contre l’hépatite B, la varicelle et l’Haemophilus influenzae de type b (Hib) pour fréquenter les écoles publiques et privées de la maternelle à la terminale. La proposition supprime également l’obligation du vaccin pneumococcique conjugué pour les enfants fréquentant les structures d’accueil de la petite enfance.
D’autres obligations vaccinales de l’État, relatives à la poliomyélite, aux oreillons, au tétanos et à d’autres maladies, sont inscrites dans la loi floridienne et leur abrogation nécessiterait une intervention législative.
Le pédiatre Eehab Kenawy, qui exerce à Panama City, en Floride, a décrit le cas de deux enfants non vaccinés soignés dans son hôpital au cours des six derniers mois. Tous deux ont contracté l’Hib, une bactérie pouvant provoquer des infections graves et un œdème cérébral.
«L’un des enfants est malheureusement décédé à l’âge de quatre mois. Il n’avait reçu aucun vaccin», a expliqué le Dr Kenawy. La mère d’un autre patient atteint d’Hib, un enfant de deux ans et demi, a supplié qu’on vaccine son enfant après que celui-ci ait développé une grave infection cérébrale, a expliqué le Dr Kenawy.
«Ce sont les mots de la mère: ‘S’il vous plaît, faites vacciner mon enfant autant que possible’, a-t-il rapporté. Voilà à quoi nous sommes confrontés.»
Le chirurgien général de Floride, Joseph Ladapo, en conflit ouvert avec le corps médical depuis longtemps, a qualifié les exigences actuelles en matière de vaccination dans les écoles et ailleurs d’atteintes «immorales» aux libertés individuelles, entravant la capacité des parents à prendre des décisions concernant la santé de leurs enfants.
Tous les États et territoires américains exigent que les enfants fréquentant les garderies et les écoles soient vaccinés contre un certain nombre de maladies, notamment la rougeole, les oreillons, la poliomyélite, le tétanos, la coqueluche et la varicelle.
Tous les États prévoient des exemptions pour les enfants souffrant de problèmes de santé les empêchant de recevoir certains vaccins. La plupart autorisent également des exemptions pour des raisons religieuses ou autres raisons non médicales.
