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Machado tente son retour au Venezuela en critiquant la réponse aux séismes

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Des secouristes transportent Alberto Gil après l'avoir extrait des décombres, huit jours après qu'il eut été pris au piège par les deux séismes qui ont frappé Catia La Mar, au Venezuela. À Catia La Mar, au Venezuela, le jeudi 2 juillet 2026. Photo AP... Des secouristes transportent Alberto Gil après l'avoir extrait des décombres, huit jours après qu'il eut été pris au piège par les deux séismes qui ont frappé Catia La Mar, au Venezuela. À Catia La Mar, au Venezuela, le jeudi 2 juillet 2026. Crédit image | Photo AP (Fernando Vergara)

Les répercussions des deux puissants séismes qui ont frappé le Venezuela constituent désormais un test majeur pour la présidente par intérim, Delcy Rodríguez, la contraignant à tout mettre en œuvre pour empêcher que la crise humanitaire ne se transforme en crise politique, alors que son mandat expire vendredi.

Au lendemain de la première conférence de presse donnée par Mme Rodríguez depuis la catastrophe du 24 juin, sa principale rivale, María Corina Machado, lauréate vénézuélienne du prix Nobel de la paix actuellement en exil, a lancé son propre appel.

Vendredi, Mme Machado a fait valoir que la réponse du gouvernement aux séismes avait mis en évidence ses faiblesses criantes et qu’elle devait retourner au Venezuela pour contribuer au processus de transition démocratique.

«Ma présence stabilise la situation; elle fait partie des forces d’organisation dont le pays a besoin à un moment où l’absence totale de l’État est devenue évidente», a soutenu Mme Machado depuis le Panama, faisant référence aux critiques populaires selon lesquelles la réponse du gouvernement au séisme aurait été lente et désorganisée.

Les séismes ont fait 2645 morts et plus de 12 500 blessés, selon les chiffres publiés vendredi par le gouvernement. Le mouvement d’opposition de Mme Machado a mis en place une base de données en ligne pour localiser les personnes disparues — la liste comptait 36 000 personnes vendredi dernier. Le parti a mobilisé des bénévoles pour collecter des dons au pays et a sollicité l’aide de la vaste diaspora vénézuélienne.

Le séisme prend une tournure politique

Lorsque les séismes ont frappé, Mme Machado y a vu une occasion de rentrer chez elle pour la première fois depuis son départ en décembre pour recevoir le prix Nobel de la paix en Norvège. Depuis que les États-Unis ont capturé M. Maduro lors d’une opération militaire audacieuse en janvier, Mme Machado cherche à faire son retour et appelle à une transition démocratique.

Mais l’administration Trump apporte désormais son soutien à Mme Rodríguez, saluant ses réformes favorables aux entreprises dans le secteur pétrolier.

Deux hauts responsables américains, s’exprimant sous couvert d’anonymat afin de pouvoir révéler des discussions diplomatiques confidentielles, ont rapporté à l’Associated Press que l’administration Trump était de plus en plus frustrée par Mme Machado et l’avait dissuadée de retourner au Venezuela au lendemain des tremblements de terre.

L’un d’eux a indiqué que la politicienne avait sollicité l’aide de Washington pour être acheminée au Venezuela depuis l’île caribéenne de Curaçao et depuis le Panama.

Le deuxième responsable a indiqué que les États-Unis soupçonnaient qu’elle souhaitait revenir pour mener des manifestations contre Mme Rodríguez et faire pression en faveur d’un changement politique, à un moment où l’attention devrait se concentrer sur la reconstruction après les séismes. Ce responsable a ajouté que l’administration Trump ne pouvait pas empêcher le retour de Mme Machado, mais qu’elle n’était pas en position pour le faciliter.

En apprenant les intentions de Mme Machado, Mme Rodríguez a suspendu le trafic aérien commercial à destination de Caracas, a déclaré le responsable américain. Ces vols annulés devaient acheminer des centaines de secouristes pour participer aux efforts de reconstruction après le séisme, a-t-il noté.

Craignant apparemment que la colère suscitée par la gestion de la crise sismique ne remette en cause son autorité, Mme Rodríguez a imputé jeudi toute critique à l’encontre du gouvernement à des «récits fabriqués dans des laboratoires de propagande».

Elle a affirmé que les équipes de secours avaient été déployées immédiatement, avec un équipement adéquat, dans les zones sinistrées — contrairement aux plaintes des habitants qui affirmaient avoir été livrés à eux-mêmes pour rechercher leurs proches sans équipes officielles ni engins lourds pendant les 48 premières heures.

«Ces opérations de propagande, motivées par des intérêts politiques partisans, sont méprisables, a-t-elle déclaré. Nous n’avons pas attendu un jour, deux jours ou trois jours. Nous sommes intervenus immédiatement.»

Mme Rodríguez a poursuivi en indiquant que des milliers de secouristes civils et militaires, ainsi que 11 hôpitaux de campagne internationaux, avaient été déployés dans les zones touchées par le séisme, ajoutant que le gouvernement avait approuvé la création d’un fonds destiné à recueillir les dons pour la reconstruction.

Fin de mandat

En vertu de la Constitution vénézuélienne, les absences temporaires doivent être couvertes par le vice-président — fonction que Mme Rodríguez occupait sous l’administration Maduro — pendant une durée maximale de 90 jours, après quoi cette période peut être prolongée de 90 jours supplémentaires par l’Assemblée nationale.

Vendredi, cette période intérimaire de 180 jours a pris fin. Les autorités n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat sur les mesures qu’elles comptaient prendre en réponse à l’expiration du mandat de Mme Rodríguez.

L’Assemblée nationale, contrôlée par le parti de Mme Rodríguez, peut déclencher une élection anticipée si les députés déclarent le poste définitivement vacant.