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La Cour suprême américaine semble prête à valider l’exclusion des athlètes transgenres des compétitions féminines

«Cette loi répond-elle à un problème de manière rationnelle ou s’agit-il en fait d’une réaction disproportionnée [...]?»

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U.S. Supreme Court Hearing On Federal Employment Protection For LGBT Employees Un militant LGBT brandit une pancarte «Les droits des transgenres sont des droits humains» devant la Cour suprême des États-Unis à Washington, D.C., le mardi 8 octobre 2019. (Sarah Silbiger/Bloomberg)

La Cour suprême américaine majoritairement conservatrice a semblé disposée, mardi, à laisser les États exclure les filles ou femmes transgenres des compétitions sportives féminines scolaires et universitaires, une question explosive aux États-Unis.

Après avoir promis de mettre fin au «délire transgenre», Donald Trump a signé dès son investiture le 20 janvier 2025 un décret selon lequel son administration ne reconnaissait plus que l’existence de «deux sexes, masculin et féminin», définis à la naissance.

Le président républicain a également signé en février un décret autorisant les agences fédérales à couper les subventions aux écoles permettant aux athlètes transgenres de concourir dans des championnats féminins.

En cause mardi devant les neuf juges de la Cour suprême: des lois adoptées par l’Idaho et la Virginie-Occidentale, des États conservateurs qui, comme plus de la moitié des États américains, interdisent aux femmes transgenres de participer aux compétitions féminines.

En Idaho, pionnier de ce type de législation aux États-Unis, une étudiante transgenre de l’Université d’État de Boise, Lindsay Hecox, a contesté son exclusion d’épreuves sportives.

Une cour d’appel fédérale lui a donné raison, considérant que la loi violait une disposition du 14e amendement de la Constitution américaine sur «l’égale protection» des citoyens.

En Virginie-Occidentale, une autre cour d’appel fédérale a considéré qu’une mineure transgenre avait subi une discrimination fondée sur le sexe, prohibée par la loi américaine.

Soutenus par l’administration Trump, les deux États assurent vouloir simplement faire respecter l’équité et la sécurité sportives. Ils affirment que les athlètes transgenres sont nécessairement physiquement avantagées par rapport à leurs adversaires et que cela augmente le risque de blessures pour celles-ci.

«En dernière instance, c’est le sexe qui compte sur le plan sportif. C’est la manière la plus juste et la plus sûre de définir les équipes sportives.»

—  Le représentant de l’Idaho, Alan Hurst.

«Réaction disproportionnée»

Ce postulat est contesté par Kathleen Hartnett, l’avocate de Lindsay Hecox, selon laquelle les traitements de réduction du taux de testostérone pris par sa cliente annulent son éventuel avantage physiologique de naissance.

«Cette loi répond-elle à un problème de manière rationnelle ou s’agit-il en fait d’une réaction disproportionnée à la présomption que les femmes transgenres seraient nécessairement de grandes sportives, alors que ce n’est pas le cas ?», s’est interrogée l’avocate.

Mais l’un des six juges conservateurs, Brett Kavanaugh, lui a objecté la décision prise par plusieurs instances sportives américaines dans la foulée du décret de Donald Trump en février.

La participation d’athlètes transgenres aux compétitions féminines pourrait «saper ou annuler le formidable succès» que représente le développement du sport féminin aux États-Unis depuis un demi-siècle, s’est-il inquiété.

«Je déteste l’idée qu’un gamin qui fait du sport en soit empêché. Je déteste ça, mais nous avons une sorte de jeu à somme nulle dans beaucoup d’équipes, et si une fille transgenre est sélectionnée dans l’équipe, quelqu’un d’autre en sera exclu», a-t-il dit à Joshua Block, l’avocat de la mineure de Virginie-Occidentale.

Cette dernière «s’est inscrite au sport à l’école parce c’était une fille de 11 ans qui entrait dans un nouveau collège et voulait rencontrer des gens, se faire de nouveaux amis et faire partie d’une équipe», a fait valoir Joshua Block.

Signe du retentissement de cette question dans la société américaine, des partisans des deux camps ont manifesté devant la Cour suprême pendant les plus de trois heures de débats.

«Il s’agit de bien plus que du sport. Il s’agit d’appartenir à une communauté et d’être nous-mêmes dans le monde aujourd’hui», a déclaré à l’AFP Rebekah Bruesehoff, 19 ans, une étudiante transgenre qui jouait au hockey sur gazon au lycée, venue spécialement du New Hampshire.

La décision des neuf juges est attendue d’ici le terme de la session annuelle de la Cour suprême, fin juin.

En juin, la Cour a permis au Tennessee d’interdire aux mineurs transgenres l’accès aux traitements de transition, considérant que la loi adoptée en la matière par cet État ne présentait pas de caractère discriminatoire.