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La Cour suprême américaine empêche une exécution à l’azote

Jeffery Lee, 49 ans, devait être exécuté par inhalation d’azote pour le meurtre de deux personnes au cours d’un cambriolage en 1998.

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La Cour suprême à Washington, le lundi 18 mai 2026. Photo AP La Cour suprême à Washington, le lundi 18 mai 2026. Photo AP (J. Scott Applewhite)

La Cour suprême américaine a confirmé jeudi soir en urgence l’interdiction pour l’Alabama d’exécuter un homme par inhalation d’azote, une méthode utilisée pour la première fois au monde en 2024 et comparée par des experts de l’ONU à une forme de «torture».

L’exécution, prévue entre jeudi soir et vendredi, de Jeffery Lee, 49 ans, condamné à la peine capitale pour le meurtre de deux personnes au cours d’un cambriolage en 1998, aurait été la 16e aux États-Unis depuis le début de l’année, toutes réalisées par injection létale.

Mais une cour d’appel fédérale a estimé cette semaine que l’exécution par inhalation d’azote présentait «un risque substantiel» de souffrance évitable et renvoyé l’affaire à un tribunal de première instance pour déterminer si une mise à mort par peloton d’exécution était une alternative envisageable.

Ce tribunal a conclu mardi que le protocole adopté par l’administration pénitentiaire de l’Alabama (sud) violait l’interdiction par le Huitième amendement de la Constitution américaine de tout «châtiment cruel et inhabituel» et a en conséquence interdit à cet État d’exécuter Jeffery Lee de cette manière.

La juge considère que sa mise à mort par peloton d’exécution serait parfaitement «faisable» pour l’Alabama et réduirait significativement le risque de souffrance lié à l’inhalation d’azote.

L’Alabama a exercé plusieurs recours infructueux pour obtenir l’autorisation de procéder à cette exécution par inhalation d’azote, jusqu’à la Cour suprême à majorité conservatrice, qui a rejeté sa demande en urgence jeudi soir.

Cette décision de la Cour suprême n’est ni signée ni motivée, mais trois des six juges conservateurs expriment leur désaccord.

Le procureur général de l’Alabama, Steve Marshall, a dénoncé dans un communiqué «un déni de justice» pour les victimes, assurant que «l’État est prêt à faire tout ce qui sera nécessaire pour que la légitime condamnation de M. Lee soit appliquée».

L’exécution par inhalation d’azote, dans laquelle le décès est provoqué par hypoxie (raréfaction d’oxygène), a été utilisée sept fois par l’Alabama depuis 2024 et une fois par la Louisiane en 2025.

Au total, 47 exécutions ont eu lieu aux États-Unis en 2025, contre une vingtaine par an depuis une décennie, soit le plus haut niveau depuis les 52 enregistrées en 2009.

La grande majorité des exécutions dans le pays sont réalisées par injection létale: il y en a eu 39 l’année dernière. Cinq autres ont été effectuées par inhalation d’azote et trois par peloton d’exécution en Caroline du Sud, pour la première fois aux États-Unis depuis 2010.

La peine de mort a été abolie dans 23 des 50 États américains. Trois autres, la Californie, l’Oregon et la Pennsylvanie, observent un moratoire sur les exécutions sur décision du gouverneur.