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La Corée du Sud s’engage à mettre fin aux adoptions internationales

Cette question a rarement été abordée au niveau de l’ONU, alors même que la Corée du Sud subit une pression croissante pour lutter contre la fraude et les abus généralisés qui ont entaché son programme d’adoption.

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La vice-ministre sud-coréenne de la Santé et du Bien-être, Lee Seuran, s'exprime lors d'une conférence de presse au complexe gouvernemental de Séoul, en Corée du Sud, le vendredi 26 décembre 2025. (Choo Sang-chul/Newsis via AP) La vice-ministre sud-coréenne de la Santé et du Bien-être, Lee Seuran, s'exprime lors d'une conférence de presse au complexe gouvernemental de Séoul, en Corée du Sud, le vendredi 26 décembre 2025. (Choo Sang-chul/Newsis via AP) (Uncredited)

Le gouvernement sud-coréen a annoncé vendredi son intention de mettre fin aux adoptions internationales d’enfants coréens, tandis que des enquêteurs des Nations unies ont exprimé leur «vive inquiétude» face à ce qu’ils ont qualifié de manquement de Séoul à faire la lumière sur les violations massives des droits de la personne liées à des décennies d’adoptions internationales.

Cette annonce, faite vendredi, est intervenue quelques heures après la publication par le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme de la réponse de la Corée du Sud aux enquêteurs qui exhortaient Séoul à présenter des mesures concrètes pour répondre aux griefs des enfants adoptés et envoyés à l’étranger avec des documents falsifiés ou victimes de maltraitance de la part de parents étrangers.

Cette question a rarement été abordée au niveau de l’ONU, alors même que la Corée du Sud subit une pression croissante pour lutter contre la fraude et les abus généralisés qui ont entaché son programme d’adoption, notamment pendant la période faste des années 1970 et 1980, où des milliers d’enfants étaient envoyés chaque année en Occident.

La Corée du Sud prévoit de supprimer progressivement les adoptions internationales sur une période de cinq ans, avec pour objectif d’arriver à zéro d’ici 2029 au plus tard, dans le cadre d’un renforcement de ses politiques de protection de l’enfance, a indiqué la vice-ministre de la Santé et du Bien-être, Lee Seuran, lors d’une conférence de presse.

En 2025, la Corée du Sud a approuvé 24 adoptions internationales d’enfants, comparativement à près de 2000 en 2005 et une moyenne annuelle de plus de 6000 dans les années 1980.

Lors de la conférence de presse du ministère de la Santé et de sa réponse à l’ONU, les responsables ont mis l’accent sur les améliorations futures plutôt que sur les problèmes passés.

«Auparavant, les adoptions étaient principalement gérées par des agences d’adoption privées. Bien que ces agences aient vraisemblablement privilégié l’intérêt supérieur de l’enfant, d’autres intérêts concurrents pouvaient également entrer en jeu», a expliqué Mme Lee.

«Maintenant que le système d’adoption est restructuré dans un cadre public et que le ministère de la Santé et le gouvernement jouent un rôle plus important dans le processus d’approbation des adoptions, nous avons l’occasion de réévaluer si l’adoption internationale est réellement une option nécessaire», a-t-elle ajouté, évoquant les efforts déployés pour promouvoir les adoptions nationales.

La pression s’accrut

Des enquêteurs de l’ONU, notamment des rapporteurs spéciaux sur la traite des êtres humains, les disparitions forcées ou involontaires et les abus envers les enfants, ont soulevé la question de l’adoption auprès de Séoul après des mois d’échanges avec Yooree Kim.

Cette femme de 52 ans a été placée dans une famille française en 1984 sans le consentement de ses parents biologiques, sur la base de documents la présentant faussement comme une orpheline abandonnée.

Mme Kim a raconté avoir subi de graves violences physiques et sexuelles de la part de ses adoptants et a saisi l’ONU dans le cadre d’une action plus large visant à obtenir des comptes des gouvernements et des agences d’adoption en Corée du Sud et en France.

Invoquant des problèmes systémiques plus vastes et le cas de Mme Kim, les enquêteurs de l’ONU ont critiqué la Corée du Sud pour son incapacité à garantir aux personnes adoptées un accès effectif à des recours en cas d’abus graves et pour le «possible déni de leurs droits à la vérité, à des réparations et à la reconnaissance de leur histoire».

Ils se sont également inquiétés de la suspension d’une enquête gouvernementale sur les faits concernant les abus et les fraudes commis dans le cadre d’adoptions passées, malgré des signalements de violations graves, y compris des cas pouvant s’apparenter à des disparitions forcées.

Dans sa réponse, la Corée du Sud a mis en avant les réformes antérieures axées sur la prévention des abus, notamment une loi de 2011 rétablissant le contrôle judiciaire des adoptions internationales. Cette loi a mis fin à des décennies de contrôle par des agences privées et a entraîné une baisse significative des placements internationaux.

La Corée du Sud a également mentionné les mesures récentes prises pour centraliser l’autorité en matière d’adoption.

Le gouvernement a cependant avancé que la poursuite des enquêtes sur les adoptions et l’octroi de réparations plus importantes aux victimes dépendraient de la législation future.

Il n’a proposé aucune nouvelle mesure pour résorber l’important arriéré de dossiers inexacts ou falsifiés qui empêchent de nombreuses personnes adoptées de renouer avec leur famille biologique ou de connaître la vérité sur leurs origines.

Choi Jung Kyu, avocat des droits de l’homme représentant Mme Kim, a qualifié la réponse de la Corée du Sud de «superficielle».

Il a souligné que les promesses de réparations plus importantes, censées réduire le nombre de procédures judiciaires engagées par les victimes, ne sont pas clairement formulées dans les projets de loi proposant la relance de la Commission de la vérité et de la réconciliation chargée d’enquêter sur les violations des droits de l’homme commises par le passé.

Le gouvernement a également opposé son veto, en avril, à un projet de loi visant à supprimer le délai de prescription pour les violations des droits de l’homme commises par l’État, avant l’entrée en fonction du président Lee Jae Myung en juin.

Ce dernier a présenté des excuses en octobre concernant les problèmes d’adoption passés, conformément aux recommandations de la Commission de la vérité et la réconciliation.

Kim Tong-Hyung

Kim Tong-Hyung

Journaliste