La Corée du Sud va réduire une zone réglementée près de la frontière avec le Nord, permettant au public de se rapprocher de son voisin, a annoncé mercredi le ministère de la Défense.
La ligne de contrôle civil (LCC) est strictement réglementée sur une dizaine de kilomètres au sud de la frontière avec la Corée du Nord, afin de protéger les installations militaires sud-coréennes.
Les deux Corées sont toujours techniquement en guerre, leur conflit de 1950 à 1953 s’étant soldé par un armistice et non un traité de paix. Elles sont séparées par la Zone démilitarisée (DMZ), traversée par une ligne de démarcation.
Le ministre de la défense sud-coréen, Ahn Gyu-back, a indiqué à la presse que la LCC serait réduite à six kilomètres en moyenne, permettant aux habitants, aux agriculteurs et aux visiteurs de se rapprocher de la frontière.
La nouvelle mesure a pour objectif d’«améliorer le confort des locaux tout en garantissant l’efficacité des opérations militaires», a-t-il dit, citant notamment une simplification des autorisations de vol pour les drones agricoles.
«Nous permettrons le développement régional dans la mesure où il n’interfère pas avec les opérations militaires», a-t-il insisté.
Le président sud-coréen Lee Jae Myung, qui a pris la suite mi-2025 du conservateur Yoon Suk Yeol à la ligne très dure concernant Pyongyang, cherche à apaiser les tensions avec la Corée du Nord, qui considère le Sud comme son ennemi juré.
Kim Deok-hyeon, maire du comté de Yeoncheon, situé près de la frontière intercoréenne, a déclaré que ces mesures «allégeraient considérablement les contraintes auxquelles sont confrontés les agriculteurs locaux».
La Corée du Sud a retiré l’année dernière les haut-parleurs qui servaient à diffuser de la K-pop et des bulletins d’information vers le Nord.
Selon Lim Eul-chul, expert de la Corée du Nord à l’université de Kyungnam, cette décision s’explique également par la réduction des effectifs militaires.
«La Corée du Sud s’appuie de plus en plus sur des technologies telles que la vidéosurveillance et les applications mobiles pour sécuriser les zones de première ligne», a-t-il déclaré à l’AFP.
Cela reflète «l’idée que l’ère de l’intelligence artificielle a rendu obsolètes les patrouilles frontalières traditionnelles, qui nécessitaient beaucoup de main-d’œuvre».
