Un navire sud-coréen doit partir samedi pour l’Europe en passant par l’Arctique, dans le but d’expérimenter une voie maritime alternative à celles entravées par le conflit au Moyen-Orient, a annoncé jeudi le ministère des Océans.
Circuler par l’Arctique permet d’éviter une région du Moyen-Orient de plus en plus instable, entre le conflit opposant États-Unis et Israël à l’Iran depuis fin février, et les nouvelles menaces des Houthis du Yémen en mer Rouge, en soutien à Téhéran.
«Le voyage d’essai sud-coréen devrait en l’état actuel des choses partir dans la soirée du 22 août, bien que l’horaire puisse changer en fonction des conditions météorologiques, notamment des typhons», a déclaré à l’AFP un porte-parole du ministère des Océans et de la Pêche.
L’objectif est de déterminer si la fonte de la glace en cette période de l’année permet l’ouverture d’une route viable sur le plan commercial.
La route arctique «est appelée à devenir une alternative aux routes du Moyen-Orient», avait récemment déclaré Nam Jae-hon, vice-ministre sud-coréen des Océans.
La compagnie maritime PanStar Line Dot Com, basée à Busan, a été sélectionnée pour mener cette expédition test à bord du Panstar acro, un porte-conteneurs d’une capacité de 2 758 EVP, a expliqué le ministère.
«Le navire partira de Busan (sud-est) et fera escale à Felixstowe en Grande-Bretagne, à Rotterdam aux Pays-Bas et à Gdansk en Pologne avant de revenir. La durée totale du voyage devrait être d’environ 45 jours», a déclaré le porte-parole.
Le bateau suivra le parcours du porte-conteneurs chinois «Dubai Tower», qui a quitté le 15 août le port de Ningbo (est), à destination de l’Europe, en mettant le cap au nord par le détroit de Béring avant de virer à l’ouest le long de la côte arctique russe.
Passer par l’Arctique pour relier l’Asie à l’Europe, plutôt que par l’habituel canal de Suez, permet de raccourcir le trajet d’environ 7 000 kilomètres et de gagner une dizaine de jours, selon l’Institut coréen pour la politique économique internationale.
D’autres acteurs du secteur ont déjà transité par l’Arctique, le tout premier étant le danois Maersk en 2018.
L’année dernière, 23 porte-conteneurs ont effectué ce trajet, contre 15 en 2024, selon un rapport de l’assureur Allianz Commercial.
Des groupes de défense de l’environnement craignent toutefois que ces transits n’accélèrent la fonte de l’Arctique, océan glacial déjà menacé par le réchauffement climatique.
