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La Corée du Sud annonce le rappel de son ambassadeur en Ukraine

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Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, prononce un discours à l'occasion de la Journée des forces armées, dans une base militaire de Gyeyong, en Corée du Sud, le 1er octobre 2026. (Jeon Heon-kyun/Photo Pool via AP) Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, prononce un discours à l'occasion de la Journée des forces armées, dans une base militaire de Gyeyong, en Corée du Sud, le 1er octobre 2026. (Jeon Heon-kyun/Photo Pool via AP) (Jeon Heon-kyun)

La Corée du Sud a annoncé jeudi qu’elle rappellerait son ambassadeur en Ukraine, intensifiant ainsi sa protestation contre la révélation récente, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, d’un transfert – censé être secret – de deux prisonniers de guerre nord-coréens vers la Corée du Sud.

Cette annonce sud-coréenne intervient quelques jours après que le président sud-coréen Lee Jae Myung eut menacé de prendre des mesures punitives non précisées si l’Ukraine refusait de présenter des excuses concernant cette révélation d’information jugée confidentielle.

Le ministère sud-coréen des Affaires étrangères n’a pas précisé quand l’ambassadeur Park Hee-chang serait rappelé au pays.

Dans un communiqué, le ministère a indiqué que la Corée du Sud poursuivrait ses consultations avec l’Ukraine, ajoutant qu’elle espérait que le différend entre les deux pays serait résolu à l’amiable.

La Corée du Sud et l’Ukraine se sont retrouvées au cœur d’un différend diplomatique après que M. Zelensky eut évoqué le transfert des soldats nord-coréens lors de son discours à l’ONU le 23 septembre.

La Corée du Sud a accusé l’Ukraine d’avoir violé un accord de confidentialité concernant leur transfert à la mi-septembre, mais Kyiv a nié avoir conclu un tel accord.

Ces prisonniers faisaient partie des milliers de soldats nord-coréens déployés pour soutenir la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine.

Depuis leur capture début 2025, ils avaient exprimé leur souhait de se réinstaller en Corée du Sud, craignant d’être persécutés s’ils étaient rapatriés dans leur pays d’origine.

La Corée du Sud avait déclaré qu’elle les accueillerait, car elle considère juridiquement la Corée du Nord comme faisant partie de son territoire et a pour politique d’accueillir et de soutenir financièrement les transfuges nord-coréens.

Les responsables sud-coréens ont expliqué que cet accord de confidentialité avait été conclu, car ils s’inquiétaient pour la sécurité des soldats nord-coréens et de leurs proches restés au Nord. De nombreux experts estiment que le gouvernement sud-coréen craint probablement aussi que la divulgation de leur arrivée ne nuise à ses efforts visant à améliorer les relations avec la Corée du Nord.

Les médias d’État nord-coréens n’ont pas commenté le transfert de ces soldats. Mais la Corée du Nord avait auparavant réagi avec fureur à des défections importantes de ses citoyens, accusant la Corée du Sud de les avoir enlevés.

Depuis 2019, la Corée du Nord refuse tout dialogue avec la Corée du Sud et les États-Unis. Elle se concentre sur le renforcement de son programme nucléaire.

La suite demeure incertaine

Selon des experts, le maintien de bonnes relations avec l’Ukraine relève de l’intérêt national sud-coréen, car Kyiv pourrait fournir à Séoul des renseignements sur la coopération croissante de la Corée du Nord avec la Russie ainsi que sur son expérience sur le champ de bataille.

Ils ajoutent que la coopération avec l’Ukraine est importante pour les partenariats de la Corée du Sud avec de nombreux pays occidentaux qui soutiennent l’Ukraine dans ce conflit.

Selon certains observateurs, M. Zelensky aurait révélé le transfert des prisonniers de guerre nord-coréens afin de mettre en évidence le danger que représente le soutien militaire de la Corée du Nord à la Russie, dans le but d’obtenir davantage d’aide internationale.

La Corée du Sud a fourni 445 millions $ US d’aide humanitaire à l’Ukraine depuis 2022. En juillet, M. Lee s’est engagé à verser 100 millions $ US d’aide à l’Ukraine lors d’une rencontre avec M. Zelensky.