La Corée du Nord a tiré «plusieurs missiles balistiques» vers la mer du Japon, a affirmé lundi l’armée sud-coréenne, quelques jours après l’essai du premier système de missile hypersonique sud-coréen.
«Notre armée a détecté plusieurs missiles balistiques tirés de la région de Pyongyang vers la mer de l’Est vers 09 h 20)», a annoncé l’état-major interarmées de Corée du Sud dans un communiqué, utilisant le nom coréen de la mer du Japon.
Certains d’entre eux ont parcouru plus de 900 km, a ajouté la même source.
La Corée du Nord a confirmé avoir procédé à un tir d’essai d’un «missile balistique tactique afin de vérifier le succès des recherches menées en vue de l’amélioration technique d’un élément central important», a rapporté l’agence de presse KCNA, sans donner plus de détails.
La raison de la divergence concernant le nombre de missiles n’était pas claire dans l’immédiat.
Les militaires sud-coréens avaient dans un premier temps fait état d’un «projectile non-identifié». Ils ont dit renforcer «la surveillance et la vigilance face à de possibles tirs supplémentaires».
Le ministère japonais de la Défense a confirmé, de son côté, le tir d’au moins un missile, qu’il soupçonne d’être balistique.
Le Commandement américain pour le Pacifique a quant à lui parlé de deux missiles balistiques tirés par la Corée du Nord, ajoutant que ceux-ci ne constituaient toutefois pas une menace immédiate «pour le personnel ou le territoire des Etats-Unis, ni pour nos alliés».
Succession de tirs
Ces tirs sont intervenus après l’essai par la Corée du Sud, jeudi, d’un véhicule planant hypersonique (HGV), sa première arme de ce type fabriquée sur le territoire national.
Les planeurs hypersoniques sont envoyés dans la haute atmosphère par des propulseurs de fusée, puis fondent sur leur cible à une vitesse au moins cinq fois supérieure à celle du son.
Ce test survenait lui-même à la suite d’un tir de missile hypersonique nord-coréen, de portée intermédiaire, qui, a assuré Pyongyang, avait mobilisé l’intelligence artificielle.
Selon l’influente sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, Kim Yo Jong, ce missile était «capable de modifier sa trajectoire de vol à basse altitude». Elle n’a pas donné de détails sur l’usage de l’IA dans ce cas précis.
«Il n’existe aucun moyen d’éviter l’attaque de ce type de missile», avait-elle néanmoins insisté.
«Aucun pays au monde ne pourrait avoir accès à une telle technologie avant au moins plusieurs années», a de son côté avancé Kim Jong Un.
Affaire des mines
Un nouveau différend a éclaté fin septembre entre les deux voisins, toujours techniquement en guerre, après l’explosion de mines dans la Zone démilitarisée (DMZ) les séparant dans laquelle trois soldats sud-coréens ont été blessés.
Le gouvernement ainsi que la force multinationale dirigée par les Etats-Unis en Corée du Sud ont affirmé qu’il s’agissait de mines nord-coréennes et accusé Pyongyang d’avoir violé l’accord d’armistice qui a mis fin à la guerre de Corée (1950-1953).
Séoul a exigé des excuses du Nord, qui a nié toute responsabilité et dénoncé une «provocation».
Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, tente depuis son arrivée au pouvoir mi-2025 d’apaiser les tensions avec Pyongyang. Il a notamment exhorté à «rétablir la confiance et reprendre le dialogue», le 1er octobre, après le début de la polémique sur les mines.
Jeudi, Kim Yo Jong a exigé le «plus grand respect» de la part de la Corée du Sud si elle souhaite «réellement rétablir les relations».
Pyongyang était jusque-là resté sourd, ou s’était moqué, des tentatives d’ouverture de Séoul.
