La Corée du Nord ne semble pas disposée à nouer des contacts avec Washington et Séoul, préférant renforcer son autosuffisance et sa dissuasion militaire, a déclaré le ministre singapourien des Affaires étrangères à l’issue d’un rare déplacement dans ce pays politiquement isolé.
Pyongyang a à plusieurs reprises rejeté les initiatives de paix du gouvernement sud-coréen et a apporté son soutien à la Russie dans son invasion de l’Ukraine.
Les propos jeudi soir du chef de la diplomatie singapourienne, Vivian Balakrishnan, suivaient sa première visite en huit ans à Pyongyang, à l’occasion du 50e anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays.
«À ce stade, ils (…) semblent peu enclins à des contacts avec l’extérieur, ni avec l’Amérique ni même avec la Corée du Sud», a déclaré M. Balakrishnan aux médias locaux à Séoul.
«Ils se concentrent au contraire sur le renforcement de leur propre autosuffisance ainsi que de leur propre dissuasion militaire», a-t-il ajouté à l’issue de cette visite de travail de deux jours dans l’État doté de l’arme nucléaire.
Ces derniers mois, la Corée du Nord a intensifié ses diatribes contre le Sud, le qualifiant d’«État le plus hostile» et supprimant de sa Constitution toute référence à la réunification de la péninsule divisée.
M. Balakrishnan a dit avoir lui aussi constaté un durcissement de la position nord-coréenne sur la réunification.
«Pour l’heure, (la Corée du Nord) ne recherche pas d’opportunités de discussions ou d’engagement de manière significative», a-t-il déclaré.
Malgré l’absence quasi totale d’échanges commerciaux entre les deux pays, les relations entre Singapour et la Corée du Nord restent cordiales, et M. Balakrishnan a indiqué avoir invité Pyongyang à participer à un forum régional organisé par l’Association des nations d’Asie du Sud-Est (Asean).
Le responsable singapourien a également publié une vidéo sur Facebook affirmant que «Pyongyang est une ville moderne, propre et bien aménagée. Elle a continué à faire des progrès significatifs depuis ma dernière visite il y a huit ans».
M. Balakrishnan a appelé à la «patience stratégique» avec la Corée du Nord.
Il faut «ne pas aggraver les choses, ne pas envenimer les problèmes, mais regarder vers un horizon plus long pour saisir des occasions d’être utile ou d’ouvrir des canaux de communication», a-t-il conclu.
