La Corée du Nord a procédé mercredi à son deuxième essai de missile balistique en moins d’une semaine, ont indiqué ses voisins, une action qui semble constituer une protestation contre les prochains exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les États-Unis, que la Corée du Nord perçoit comme une répétition en vue d’une invasion.
Selon le Comité des chefs d’état-major interarmées sud-coréen, un missile balistique lancé depuis la région côtière de Wonsan, à l’est du pays, tôt mardi matin a couvert plus de 700 kilomètres.
Le ministère japonais de la Défense a également détecté ce tir, précisant que le missile avait atterri dans les eaux situées en dehors de sa zone économique exclusive, entre la péninsule coréenne et le Japon.
Ces lancements, effectués à quelques jours d’intervalle, s’inscrivent dans une longue série d’essais d’armes, menés par la Corée du Nord, alors que le pays refuse depuis des années de reprendre les négociations avec les États-Unis et la Corée du Sud.
Selon les experts, la Corée du Nord utilise souvent les exercices militaires de ses rivaux comme prétexte pour intensifier ses propres activités d’essais.
L’armée sud-coréenne a déclaré qu’elle restait prête à repousser toute provocation de Pyongyang en coopération avec les États-Unis. Le Conseil national de sécurité sud-coréen a qualifié les lancements de missiles balistiques nord-coréens d’«actes de provocation» et a exhorté la Corée du Nord à y mettre fin immédiatement.
Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a déclaré aux journalistes que le Japon avait vivement protesté contre ce tir nord-coréen par l’intermédiaire de ses ambassades à Pékin. «C’est un problème grave qui affecte la sécurité du peuple japonais», a-t-il dit.
Ce dernier tir est survenu deux jours après que la Corée du Sud et les États-Unis ont annoncé qu’ils lanceraient leurs exercices militaires annuels à grande échelle le 17 août afin de renforcer leur état de préparation face aux menaces nord-coréennes.
La Corée du Nord a déjà réagi aux exercices «Ulchi Freedom Shield» et à d’autres grands exercices militaires conjoints entre la Corée du Sud et les États-Unis par des essais d’armes provocateurs et des déclarations virulentes. Les États-Unis et la Corée du Sud ont répété à plusieurs reprises que leurs exercices étaient de nature défensive.
Après le début des exercices «Ulchi Freedom Shield» de l’année dernière, le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un avait déclaré que ces manœuvres démontraient la «volonté des États-Unis et de la Corée du Sud de déclencher une guerre» et affirmé qu’elles étaient devenues plus provocatrices qu’auparavant, ce qui avait incité la Corée du Nord à riposter par des contre-mesures «proactives et écrasantes».
Le 6 août, la Corée du Sud, les États-Unis et le Japon ont détecté le lancement d’un missile balistique à courte portée depuis la Corée du Nord, ce qui constituait le premier essai d’arme balistique mené par le Nord depuis fin juin. La Corée du Nord n’a pas confirmé ce lancement, bien qu’elle publie habituellement les détails de ses essais d’armes le lendemain.
Plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU interdisent à la Corée du Nord de lancer des missiles balistiques. Mais la Corée du Nord a intensifié ses essais de missiles balistiques et d’autres armes afin d’étendre ses arsenaux nucléaires et balistiques depuis l’échec, en 2019, de la diplomatie à haut risque menée par le dirigeant nord-coréen avec le président américain Donald Trump.
Selon les experts, Kim Jong Un espère probablement utiliser ses arsenaux élargis pour arracher des concessions aux États-Unis, comme l’assouplissement des sanctions économiques internationales contre la Corée du Nord.
Ces dernières années, Kim Jong Un a renforcé son influence diplomatique en consolidant sa coopération avec la Russie, notamment en fournissant des troupes et des munitions pour soutenir cette dernière dans sa guerre contre l’Ukraine.
Il a également pris récemment des mesures pour renforcer ses liens avec la Chine, alliée traditionnelle et partenaire économique du pays. Le président chinois Xi Jinping s’est rendu en juin à Pyongyang, la capitale nord-coréenne, pour la première fois depuis sept ans.
