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La Corée du Nord a tiré une dizaine de missiles en mer, selon Séoul

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Des chars K1A2 de l'armée sud-coréenne se déplacent lors d'un exercice conjoint de franchissement de cours d'eau entre la Corée du Sud et les États-Unis, dans le cadre de l'exercice militaire «Freedom Shield» (Bouclier de la liberté), à Yeoncheon, en... Des chars K1A2 de l'armée sud-coréenne se déplacent lors d'un exercice conjoint de franchissement de cours d'eau entre la Corée du Sud et les États-Unis, dans le cadre de l'exercice militaire «Freedom Shield» (Bouclier de la liberté), à Yeoncheon, en Corée du Sud, le samedi 14 mars 2026. (Ahn Young-joon/Associated Press)

La Corée du Nord a tiré samedi une dizaine de missiles balistiques en direction de la mer du Japon, a indiqué l’armée sud-coréenne, organisant ainsi sa propre démonstration de force alors que son rival, la Corée du Sud, mène un exercice militaire conjoint avec les États-Unis.

L’état-major interarmées sud-coréen a déclaré que les missiles avaient été tirés depuis une zone située à Sunan, où se trouve l’aéroport international de Pyongyang, et qu’ils avaient parcouru environ 350 kilomètres.

Le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, a affirmé que les missiles avaient atterri en dehors de la zone économique exclusive du pays et qu’aucun dommage n’avait été signalé sur des avions ou des navires.

L’état-major interarmées sud-coréen a indiqué que l’armée avait renforcé sa surveillance et se tenait prête à faire face à d’éventuels tirs supplémentaires, tout en partageant étroitement ses informations avec les États-Unis et le Japon.

Ces tirs ont eu lieu alors que les armées américaine et sud-coréenne mènent leurs exercices annuels de printemps mobilisant des milliers de soldats, tandis que l’administration Trump mène également une guerre qui s’intensifie au Moyen-Orient.

Cette guerre a suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles failles de sécurité en Corée du Sud, les médias locaux — s’appuyant sur des images de caméras de sécurité et d’autres sources — ayant formulé l’hypothèse que les États-Unis transfèrent certains moyens de défense antimissile stationnés dans le pays pour soutenir des opérations contre l’Iran.

Interrogé cette semaine par l’Associated Press sur la question de savoir si les forces américaines en Corée transféraient des missiles intercepteurs de leur système THAAD (Terminal High Altitude Area Defense) de Seongju vers le Moyen-Orient, le bureau du président sud-coréen Lee Jae-myung a déclaré qu’il ne pouvait pas confirmer les détails concernant les opérations militaires américaines.

Selon le bureau, le transfert éventuel de moyens militaires américains n’affecterait pas la posture de défense des alliés face à la Corée du Nord, dotée de l’arme nucléaire, tout en évoquant la puissance militaire conventionnelle de la Corée du Sud. Il avait précédemment donné une réponse similaire aux informations faisant état d’un éventuel transfert de systèmes de défense antimissile Patriot depuis la Corée du Sud.

Ces tirs ont eu lieu quelques heures après que le premier ministre sud-coréen Kim Min-seok, numéro deux de Séoul après M. Lee, eut rencontré le président américain Donald Trump à Washington et exprimé son espoir d’une reprise des relations diplomatiques entre Washington et Pyongyang.

M. Lee cherche à améliorer les relations intercoréennes, et certains de ses hauts responsables ont estimé que la visite prévue de M. Trump en Chine, à partir du 31 mars, pourrait ouvrir une brèche avec Pyongyang.

Mais les tirs de samedi semblent avoir tempéré ces espoirs, témoignant de l’attitude provocatrice de Pyongyang, qui a durci sa position envers Séoul ces derniers mois et a exhorté Washington à renoncer à ses exigences de dénucléarisation comme condition préalable aux pourparlers.

La Corée du Nord qualifie depuis longtemps les exercices des alliés de répétitions d’invasion et s’en sert souvent comme prétexte pour intensifier ses propres démonstrations militaires ou ses essais d’armes.

Au cours des années précédentes, la Corée du Nord a procédé à de nombreux tirs groupés de missiles ou d’artillerie, les qualifiant de simulations d’attaques nucléaires contre des cibles en Corée du Sud.

Le Nord hausse le ton

La puissante sœur du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a critiqué mardi Washington et Séoul pour avoir poursuivi leurs exercices à un moment périlleux pour la sécurité mondiale, et a averti que toute atteinte à la sécurité du Nord entraînerait des «conséquences terribles».

Sans faire directement référence à la guerre en Iran, Kim Yo-jong a déclaré que les exercices américano-sud-coréens sapaient la stabilité régionale à un moment où la structure de sécurité mondiale «s’effondre rapidement et où des guerres éclatent dans différentes parties du monde en raison des actes imprudents de voyous internationaux scandaleux».

Le ministère des Affaires étrangères de la Corée du Nord a publié des communiqués distincts dénonçant les attaques conjointes américano-israéliennes contre l’Iran et exprimant son soutien au nouveau guide suprême de Téhéran, Mojtaba Khamenei.

L’exercice «Freedom Shield» (Bouclier de la liberté), d’une durée de 11 jours et qui se déroule jusqu’au 19 mars, est l’un des deux exercices annuels de poste de commandement menés par les armées des États-Unis et de la Corée du Sud.

Ces exercices, en grande partie simulés par ordinateur, sont conçus pour tester les capacités opérationnelles conjointes des alliés, tout en intégrant des scénarios de guerre et des défis de sécurité en constante évolution. «Freedom Shield» s’accompagnera d’un programme d’entraînement sur le terrain appelé «Warrior Shield» (Bouclier de guerriers).

La Corée du Nord a rejeté à plusieurs reprises les appels de Washington et de Séoul en faveur d’une reprise des négociations visant à mettre fin à son programme nucléaire. Les pourparlers ont déraillé en 2019 à la suite de l’échec du deuxième sommet entre Kim Jong-un et M. Trump, lors du premier mandat de ce dernier.

M. Kim a fait de la Russie la priorité de sa politique étrangère, envoyant des milliers de soldats et d’importants équipements militaires pour soutenir la guerre menée par Moscou en Ukraine, peut-être en échange d’une aide et de technologies militaires.