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La construction de la salle de bal doit se poursuivre, dit l’administration Trump

L’aile Est était construite au-dessus d’un bunker d’opérations d’urgence destiné au président.

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Les travaux de construction de la salle de bal de la Maison-Blanche se poursuivent, mardi 9 décembre 2025, à Washington, à l'emplacement de l'ancienne aile Est.(Photo AP/Pablo Martinez Monsivais) Les travaux de construction de la salle de bal de la Maison-Blanche se poursuivent, mardi 9 décembre 2025, à Washington, à l'emplacement de l'ancienne aile Est. (Pablo Martinez Monsivais/AP Photo)

L’administration Trump a déclaré lundi, dans un document déposé auprès du tribunal, que le projet de construction de la salle de bal de la Maison-Blanche devait se poursuivre pour des raisons de sécurité nationale non précisées.

Ce document fait suite à une plainte déposée vendredi dernier par le National Trust for Historic Preservation, demandant à un juge fédéral de suspendre le projet du président Donald Trump jusqu’à ce qu’il ait fait l’objet de plusieurs évaluations indépendantes, d’une consultation publique et qu’il ait obtenu l’approbation du Congrès.

Le document de 36 pages de l’administration comprend une déclaration de Matthew C. Quinn, directeur adjoint du Service secret, l’agence chargée de la sécurité du président et des hauts responsables américains, selon laquelle des travaux supplémentaires sont nécessaires sur le site de l’ancienne aile Est de la Maison-Blanche pour satisfaire aux «exigences de sécurité» de l’agence.

Le document n’explique pas les préoccupations spécifiques en matière de sécurité nationale. L’administration a proposé de partager des informations classifiées avec le juge lors d’une audition privée, en personne et en l’absence des plaignants.

L’aile Est était construite au-dessus d’un bunker d’opérations d’urgence destiné au président.

M. Quinn a affirmé que même un arrêt temporaire des travaux «entraverait» la capacité de l’agence à remplir ses obligations légales et sa mission de protection.

Une audience dans cette affaire est prévue mardi devant le tribunal fédéral de Washington.

La réponse du gouvernement a offert l’aperçu le plus complet à ce jour du projet de construction de la salle de bal, notamment sur la rapidité avec laquelle il a été approuvé par la bureaucratie de l’administration Trump et sur son ampleur grandissante.

Les documents déposés affirment que les plans définitifs de la salle de bal n’ont pas encore été finalisés malgré la poursuite des démolitions et autres travaux préparatoires au site.

Les travaux souterrains se poursuivent, a écrit John Stanwich, agent de liaison du Service des parcs nationaux auprès de la Maison-Blanche, et les travaux sur les fondations devraient commencer en janvier. La construction hors sol «ne devrait pas commencer avant avril 2026, au plus tôt» a-t-il rédigé. Le National Trust for Historic Preservation n’a pas répondu aux courriels sollicitant des commentaires.

La semaine dernière, ce groupe financé par des fonds privés a demandé à la Cour de district américaine de bloquer le projet de M. Trump.

«Aucun président n’est légalement autorisé à démolir des parties de la Maison-Blanche sans aucune consultation préalable — ni le président Donald Trump, ni le président Joe Biden, ni personne d’autre indique la plainte. De même, aucun président n’est légalement autorisé à construire une salle de bal sur un terrain public sans donner au public la possibilité de s’exprimer.»

M. Trump a fait démolir l’aile Est en octobre dans le cadre de son projet de construction d’une salle de bal de 27 432 mètres carrés (90 000 pieds carrés), d’un coût estimé à 300 millions $ US, pouvant accueillir environ 1000 personnes, avant la fin de son mandat en janvier 2029.

Il affirme que ses prédécesseurs ont longtemps souhaité un espace événementiel plus vaste que les salles actuelles de la Maison-Blanche et que cette salle de bal mettrait fin à la pratique consistant à recevoir les dignitaires étrangers en visite dans de grands pavillons temporaires situés sur le terrain sud.

Contenu de la plainte et réplique

Le National Trust for Historic Preservation soutient que les plans auraient dû être soumis à la Commission nationale de planification de la capitale, à la Commission des beaux-arts et au Congrès avant toute décision. La plainte indique qu’il a écrit à ces instances et au Service des parcs nationaux le 21 octobre, après le début de la démolition de l’aile Est, les exhortant à arrêter le projet et demandant à l’administration de se conformer à la loi fédérale, mais n’a reçu aucune réponse.

La plainte cite plusieurs lois et règlements fédéraux détaillant le rôle de la Commission de planification et des beaux-arts et des législateurs dans les projets de construction du gouvernement américain.

Dans sa réponse, l’administration a fait valoir que le président a le pouvoir de modifier la Maison-Blanche et a inclus l’historique détaillé des modifications et ajouts apportés à la résidence présidentielle depuis sa construction il y a plus de 200 ans. Elle a également affirmé que le président n’est pas soumis aux lois citées par les plaignants.

Les avocats du ministère de la Justice ont expliqué dans le document que les allégations du plaignant concernant la démolition de l’aile Est sont «sans objet», car la démolition est irréversible. L’administration soutient également que les allégations concernant les travaux de construction futurs sont prématurées, les plans n’étant pas définitifs.

Elle affirme par ailleurs qu’on ne peut établir de préjudice irréparable, les travaux de construction hors sol n’étant pas prévus avant le printemps. Elle fait valoir que les examens demandés dans le cadre de cette action en justice, à savoir la consultation de la Commission nationale de planification de la capitale et de la Commission des beaux-arts, «seront bientôt entrepris sans l’intervention de ce tribunal».

Le projet de salle de bal de Donald Trump a suscité des critiques au sein des milieux de la préservation du patrimoine et de l’architecture, ainsi que parmi ses adversaires politiques. Toutefois, cette action en justice représente à ce jour la tentative la plus concrète de modifier ou d’arrêter son projet d’agrandissement, qui serait presque deux fois plus grand que la Maison-Blanche avant la démolition de l’aile Est.

En 2000, le Plan de conception global du Service des parcs nationaux pour la Maison-Blanche avait déjà identifié la nécessité d’un espace événementiel plus vaste afin de faire face à l’augmentation du nombre de visiteurs et de disposer d’un lieu adapté aux grands événements, selon les documents déposés par l’administration.

Darlene Superville

Darlene Superville

Journaliste