La Corée du Nord a supprimé de sa Constitution les références à la réunification avec la Corée du Sud, selon un document consulté par l’AFP mercredi, reflet d’une ligne plus hostile envers Séoul.
La clause mentionnant que la Corée du Nord «se bat pour réaliser l’unification de la mère patrie» n’apparaît plus dans la dernière version de sa Constitution, indique ce texte partagé par le ministère de l’Unification de la Corée du Sud lors d’une conférence de presse.
La Constitution révisée, dont le document précise qu’elle a été adoptée en mars, comprend également une nouvelle clause délimitant le territoire de la Corée du Nord.
Le texte précise que cela inclut la zone limitrophe de la Chine et de la Russie au nord, «ainsi que la République de Corée au sud», utilisant le nom officiel pour désigner la Corée du Sud.
La Corée du Nord «ne tolère en aucun cas la moindre atteinte à son territoire», précise-t-il.
Kim Jong-un a qualifié cette année à plusieurs reprises la Corée du Sud «d’État ennemi le plus hostile.» Des propos qui font écho à un amendement constitutionnel adopté en 2024, lorsque Pyongyang a qualifié pour la première fois la Corée du Sud d’«État hostile».
«Laissez-nous tranquilles»
«En supprimant les références à la réunification, la Corée du Nord semble avoir clairement fait savoir qu’elle ne chercherait plus à revendiquer le territoire sud-coréen», soutient Yang Moo-jin, professeur émérite à l’Université d’études nord-coréennes de Séoul.
En contrepartie, Pyongyang «attend du Sud qu’il ne porte pas atteinte au territoire du Nord», a-t-il déclaré à l’AFP.
Les deux voisins sont toujours techniquement en guerre, leur conflit s’étant soldé en 1953 par un armistice et non un traité de paix.
Entre 2022 et 2025, lorsque Yoon Suk Yeol, partisan d’une ligne dure face à Pyongyang, dirigeait la Corée du Sud, le Nord a détruit les routes et les chemins de fer qui la reliait au Sud et semble avoir érigé des barrières près de la frontière.
Le président sud-coréen actuel Lee Jae Myung, lui, multiplie les appels pour renouer le dialogue et demande des pourparlers avec le Nord sans condition préalable.
Mais malgré les efforts de M. Lee et quelques avancées, notamment l’organisation d’un match de foot en Corée du Sud avec des joueuses nord-coréennes, le rapprochement semble hors de sa portée.
La Corée du Nord a promis de continuer à renforcer son arsenal nucléaire et a organisé quatre tests de missiles rien qu’en avril.
En février, M. Kim a déclaré que la Corée du Nord n’avait «absolument rien à faire avec la Corée du Sud».
«Tant que la Corée du Sud ne pourra pas échapper à la réalité géopolitique qui la lie à nous par une frontière commune, la seule façon pour elle de vivre en sécurité est de renoncer à tout ce qui nous concerne et de nous laisser tranquilles», avait-il ajouté à l’époque.
Pyongyang développe, par ailleurs, ses liens avec la Russie, qu’il a aidé dans le conflit en l’Ukraine en lui envoyant des troupes et du matériel, recevant en retour une aide économique et technique.
