La Chine et les États-Unis ont convenu de mettre en place un canal dédié à la gestion des incidents liés à l’intelligence artificielle et d’accélérer la mise en place d’un moyen de communication en cas de crise militaire, à l’issue d’un sommet de trois jours entre les présidents Xi Jinping et Donald Trump à Washington, ont annoncé samedi les deux gouvernements.
Ils ont également convenu de poursuivre leur coopération par l’intermédiaire d’un Conseil du commerce chargé de traiter certaines questions bilatérales. La Maison-Blanche a indiqué que ce conseil avait commencé ses travaux cette semaine.
Ce sommet n’a donné lieu à aucune avancée majeure, mais, selon les experts, ces mesures en faveur d’une coopération renforcée sont importantes, car elles ont permis de mettre en place des groupes de travail susceptibles d’empêcher l’escalade des différends.
M. Xi est rentré samedi à Pékin, selon l’agence de presse officielle Xinhua. Au cours de cette visite, Donald Trump a fait preuve d’une chaleur inhabituelle envers son homologue, bien qu’il ait intensifié l’année précédente une guerre commerciale avec la Chine qui avait eu des répercussions mondiales.
Les deux parties ont convenu de signer un protocole d’accord visant à renforcer la communication en cas de crise et à prévenir les crises entre leurs forces armées respectives, a indiqué samedi le ministère chinois des Affaires étrangères dans son communiqué. La déclaration d’une page émanant de la partie chinoise restait vague sur les détails.
Les deux parties mettront en place un mécanisme de communication dédié aux incidents liés à l’intelligence artificielle, afin de discuter des risques et des avantages associés, un dialogue spécifique à l’IA étant prévu en novembre.
M. Trump a indiqué samedi que les États-Unis limiteraient les informations qu’ils partageraient avec la Chine et a déclaré que Washington ne ralentirait pas ses efforts en matière d’IA.
«Les États-Unis d’Amérique ne vont pas lever le pied, a-t-il déclaré devant la Maison-Blanche. On veut freiner nos progrès parce que nous devançons largement la Chine et nous allons continuer ainsi.»
Le communiqué chinois indique que les deux parties continueront à travailler ensemble sur leur engagement à réduire les droits de douane réciproques sur environ 30 milliards $ de marchandises. Au cours du sommet, les deux dirigeants ont convenu de prolonger la trêve commerciale de deux mois. Le communiqué de la Maison-Blanche précise que la Chine a accepté d’importer au moins 10 millions de tonnes de charbon en provenance des États-Unis en 2027 et 2028.
La majeure partie de la réduction des droits de douane concerne des produits non sensibles, comme les produits agricoles ou les décorations de Noël.
Le communiqué de la Maison-Blanche précise également que les deux parties ont continué à travailler sur les préoccupations américaines concernant l’approvisionnement en terres rares, «dans le but de garantir que les volumes d’expédition reviennent à des niveaux appropriés». La Chine a instauré des contrôles à l’exportation sur les minéraux des terres rares l’année dernière en réponse aux droits de douane américains, réduisant l’approvisionnement destiné aux États-Unis et à d’autres pays.
Les deux parties ont convenu de se rencontrer lors du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Shenzhen, en Chine, en novembre, puis lors du G20, en Floride.
Les deux gouvernements ont déclaré que l’Iran devait respecter son engagement de ne pas mettre au point des armes nucléaires. Ils ont également affirmé qu’aucun pays ne devrait percevoir de droits de passage sur les voies navigables internationales, une référence apparente au détroit d’Ormuz, où le trafic a considérablement diminué depuis le début de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.
La déclaration américaine a salué la décision de la Chine d’imposer des contrôles à l’exportation sur deux précurseurs chimiques supplémentaires utilisés pour produire du fentanyl. Les deux parties ont également pris note des récentes arrestations dans des affaires liées au fentanyl.
Bien que le sommet n’ait pas permis de résoudre les divergences fondamentales entre les deux pays, des experts ont estimé que ces progrès méritaient d’être soulignés.
«La diplomatie personnelle entre les deux dirigeants est importante, mais l’accent mis sur la coopération au plan opérationnel, le dialogue entre les forces armées et les mécanismes de gestion des crises suggère une volonté de rendre cette stabilité plus durable et plus institutionnalisée», a déclaré Wang Zichen, secrétaire général adjoint du Centre pour la Chine et la mondialisation, basé à Pékin.
