La Chine espère que 2026 sera une «année charnière» dans ses relations avec son plus grand concurrent, les États-Unis.
Elle adopte un ton largement positif avant le sommet prévu entre les dirigeants des deux pays à la fin du mois.
Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a déclaré dimanche, en marge de la réunion annuelle de l’Assemblée législative chinoise, que cette année serait «importante» pour les relations entre les deux puissances mondiales.
Il a affirmé que, malgré de nombreuses divergences, «les deux chefs d’État ont personnellement maintenu de bonnes relations», offrant ainsi une «garantie stratégique» pour les relations bilatérales.
Le président américain Donald Trump doit se rendre à Pékin pour un sommet avec le président chinois Xi Jinping à la fin du mois de mars. Bien que M. Wang n’ait pas confirmé cette visite, il a laissé entendre que la Chine souhaitait des relations moins tendues.
«L’ordre du jour des échanges de haut niveau est déjà sur la table. Il faut maintenant que les deux parties se préparent minutieusement, créent un climat propice, gèrent les divergences existantes et éliminent les distractions inutiles», a-t-il indiqué.
«L’attitude de la Chine a toujours été positive et ouverte, et il est essentiel que les États-Unis fassent un effort pour nous rejoindre à mi-chemin», a ajouté M. Wang.
Les deux pays sont en désaccord depuis des années, en particulier depuis que M. Trump a lancé une guerre commerciale avec la Chine au cours de son premier mandat. L’année dernière, il a imposé à la Chine ses droits de douane les plus élevés, invoquant un déséquilibre commercial majeur avec ce pays.
MM. Trump et Xi ont convenu d’une trêve commerciale temporaire en octobre dernier, qui a suspendu les droits de douane les plus élevés, mais n’a résolu aucun des problèmes sous-jacents plus profonds.
Le discours du ministre Wang a donné le ton général des relations entre les États-Unis et la Chine pour 2026, selon George Chen, du cabinet de conseil The Asia Group. Il estime que c’est «un geste de bienvenue de Pékin à l’égard de Donald Trump pour qu’il vienne en visite».
«La partie chinoise est prête à discuter», a-t-il assuré, ajoutant que la Chine souhaitait clairement montrer qu’elle était prête à accueillir le président Trump.
Les commentaires du ministre Wang reflètent également une Chine qui se considère en pleine ascension. À ce titre, elle défendrait la position des Nations unies, qui subissent des licenciements et des réductions de personnel après le retrait des États-Unis de plusieurs initiatives onusiennes.
La Chine est l’un des cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU à détenir un siège permanent et un droit de veto. Elle a su tirer parti de sa position pour établir des relations, tout en comblant le vide diplomatique laissé par les États-Unis depuis le premier mandat de M. Trump.
Le ministre Wang a évoqué l’initiative de gouvernance mondiale, que le président chinois a dévoilée en septembre dernier. Pékin affirme désormais que cette initiative en matière de sécurité sera centrée sur les Nations unies.
«Le signal le plus clair des initiatives de gouvernance mondiale est que le rôle de premier plan des Nations unies doit être maintenu et ne peut être remis en cause. Son rôle central doit être renforcé, et non affaibli», a affirmé M. Wang.
«Bien que l’ONU ne soit pas parfaite, le monde serait pire sans elle. Contourner l’ONU pour mettre en place des arrangements alternatifs, suivre sa propre voie ou former divers petits groupes ne permettra pas d’obtenir de soutien et n’est pas viable», a-t-il également déclaré.
Par ailleurs, M. Wang a réitéré son appel à l’arrêt immédiat des actions militaires en Iran.
«C’est une guerre qui n’aurait pas dû avoir lieu et qui n’apporte aucun bénéfice à personne. Le monde ne peut pas revenir à la loi de la jungle», a-t-il dit, sans mentionner nommément les États-Unis.
Il a appelé les grandes puissances à «jouer un rôle constructif» et à revenir à la table des négociations pour mettre fin à la guerre.
