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La Chine appelle ses citoyens à quitter l’Eswatini, allié de Taïwan

Cette annonce est officiellement motivée par des raisons de sécurité.

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Vue aérienne du siège social de Heart for Africa, d'une superficie de 2 500 acres, situé à Eswatini, en Afrique. (Source : Heart for Africa Canada) Vue aérienne du siège social de Heart for Africa, d'une superficie de 2 500 acres, situé à Eswatini, en Afrique. (Source : Heart for Africa Canada)

La Chine a appelé ses ressortissants à quitter «dès que possible» l’Eswatini, pays d’Afrique australe qui est l’un des rares États au monde à entretenir des relations diplomatiques avec les autorités de Taïwan, île revendiquée par Pékin.

Cette annonce est officiellement motivée par des raisons de sécurité. Elle intervient toutefois trois mois et demi après une visite en Eswatini du président taïwanais Lai Ching-te, bête noire des autorités chinoises qui l’accusent d’avoir des visées séparatistes.

«La situation sécuritaire en Eswatini est actuellement complexe. Les activités criminelles liées à la fraude en ligne et aux jeux d’argent illégaux y sont florissantes, et les risques en matière d’ordre public, entre autres, y sont extrêmement élevés», a indiqué mardi le service consulaire du ministère chinois des Affaires étrangères.

Dans ce contexte, les autorités chinoises «déconseillent aux ressortissants chinois de se rendre en Eswatini dans un proche avenir» et les citoyens et institutions déjà présents «sont invités à évacuer dès que possible», a-t-il dit dans un communiqué diffusé sur le réseau social WeChat.

Le gouvernement de l’Eswatini a qualifié mercredi de «sans fondement» et «regrettable» les risques sécuritaires allégués par Pékin.

Une source au sein du ministère du Commerce a indiqué que plus de 200 ressortissants chinois se trouvaient en Eswatini, travaillant dans les secteurs du textile, du commerce de détail et de la restauration.

Cette année, environ 200 ressortissants étrangers, dont au moins 55 Chinois, ont été arrêtés dans le royaume africain dans le cadre d’une opération policière visant un réseau présumé de jeux d’argent illégaux, d’extorsion et de fraude en ligne.

La Chine considère Taïwan comme l’une de ses provinces, qu’elle souhaite «réunifier» avec le reste de son territoire depuis la fin de la guerre civile chinoise en 1949. Elle plaide pour une prise de contrôle pacifique mais n’exclut pas le recours à la force et a accru sa pression militaire sur l’île.

L’Eswatini, autrefois appelé Swaziland, est un petit royaume situé dans le sud-est du continent africain, entre l’Afrique du Sud et le Mozambique. C’est le seul État africain à entretenir des relations diplomatiques avec Taïwan.

Son gouvernement a affirmé qu’il «ne se laissera pas intimider, désavantager ou déstabiliser» en raison de ses choix en matière de politique étrangère et de ses relations diplomatiques, dans un communiqué publié mercredi.

Lai Ching-te s’était rendu en Eswatini début mai. Son voyage était initialement prévu courant avril mais avait été reporté après la révocation des autorisations de vol du président taïwanais par les Seychelles, Maurice et Madagascar à la suite de «fortes pressions» de Pékin, d’après Taipei.

La présidence taïwanaise est détenue depuis 2016 par le Parti démocrate progressiste (DPP), au credo indépendantiste, ce qui a contribué à tendre les relations entre Taipei et Pékin. Les échanges économiques et culturels persistent toutefois.

Seuls 12 États maintiennent encore des relations diplomatiques formelles avec Taïwan, dont le Vatican, le Paraguay et plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes.