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Kushner rencontre Jeffries en privé alors que le contrôle de la Chambre est en jeu

Cette rencontre, révélée dimanche par le «New York Times», a porté sur des sujets allant du logement à l’immigration, en passant par le coût élevé de la vie.

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Le gouverneur de la Pennsylvanie, Josh Shapiro (à gauche), et le leader démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis, Hakeem Jeffries, assistent à un rassemblement en faveur du candidat démocrate au Congrès Bob Brooks en vue des élections ... Le gouverneur de la Pennsylvanie, Josh Shapiro (à gauche), et le leader démocrate à la Chambre des représentants des États-Unis, Hakeem Jeffries, assistent à un rassemblement en faveur du candidat démocrate au Congrès Bob Brooks en vue des élections de mi-mandat, à Bethlehem, en Pennsylvanie, le 26 juillet 2026. AP/Erin Blewett (Erin Blewett)

Le chef de file des démocrates à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, et Jared Kushner, gendre et conseiller du président Donald Trump, se sont récemment rencontrés en privé à New York, signe que la Maison-Blanche cherche des moyens de collaborer avec les démocrates au cas où ceux-ci parviendraient à ravir la majorité aux républicains lors des élections de mi-mandat.

Cette rencontre, révélée dimanche par le New York Times, a porté sur des sujets allant du logement à l’immigration, en passant par le coût élevé de la vie. Les Américains souffrent d’une inflation galopante que les démocrates reprochent aux républicains de ne pas avoir su maîtriser.

Jared Kushner a suggéré à Hakeem Jeffries, pressenti pour devenir président de la Chambre des représentants si les démocrates reprenaient le pouvoir en novembre, de rencontrer la cheffe de cabinet de la Maison-Blanche, Susie Wiles, pour effectuer un suivi avec elle.

Dans un communiqué de presse publié dimanche, M. Jeffries n’a pas fait mention de cette conversation privée, mais il a affirmé que l’administration républicaine devait abandonner l’approche consistant à dire «c’est comme ça ou rien», qui «a laissé tomber le peuple américain».

«Pour mettre fin à cette folie, nous avons clairement répété à plusieurs reprises qu’une approche extrémiste ne fonctionnerait pas et se heurterait à une opposition farouche. La question est de savoir si les républicains se joindront à nous», a-t-il indiqué.

Cette rencontre témoigne de la profonde inquiétude du Parti républicain face à la perte de sa majorité au Congrès, en particulier à la Chambre des représentants, ainsi que de la nécessité de nouer des liens avec l’opposition alors que la Maison-Blanche cherche à endiguer toute répercussion politique potentielle sur le président.

Si les démocrates reprennent le contrôle du Congrès, ou au moins, de la Chambre des représentants, la Maison-Blanche peut s’attendre à un programme énergique visant ceux que M. Jeffries a qualifiés de «malfrats» au sein de l’administration Trump, la menace d’une procédure de destitution figurant parmi les nombreux outils à la disposition du parti.

Le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, un proche allié de M. Trump, s’est montré irrité dimanche lorsqu’il a été interrogé sur cette réunion. Il a minimisé le rôle à la Maison-Blanche de M. Kushner, qui, selon lui, «joue sur les deux tableaux».

«Vous feriez mieux de ne pas parier contre les républicains de la Chambre», a lancé M. Johnson, représentant républicain de la Louisiane, durant l’émission The Sunday Briefing de Fox News Channel.

«Je ne sais pas de quoi il s’agit. Je sais que Jared s’intéresse à beaucoup d’autres choses. Il n’est pas vraiment impliqué directement dans l’administration, du moins dans le quotidien de la Maison-Blanche», a-t-il ajouté.

La Maison-Blanche et un représentant de M. Kushner n’ont pas répondu à une demande de commentaires.

MM. Jeffries et Kushner se connaissent bien. Les deux New-Yorkais s’étaient alliés, lors du premier mandat de M. Trump, pour faire adopter une loi historique visant à assouplir les peines infligées pour certaines infractions liées à la drogue, afin de réduire la durée des peines dans le système carcéral fédéral.

Les deux hommes ont entretenu des relations cordiales malgré les attaques répétées de M. Trump contre M. Jeffries et les ripostes du chef de file démocrate.

Depuis le début du second mandat du président, M. Kushner joue un rôle prépondérant, même s’il n’occupe aucun poste officiel à la Maison-Blanche. Il intervient en tant que conseiller externe et émissaire, effectuant notamment des allers-retours auprès de missions diplomatiques étrangères alors que la guerre contre l’Iran entre dans son sixième mois.

M. Trump n’a rencontré M. Jeffries qu’une seule fois depuis son retour à la Maison-Blanche. Il avait alors nargué le chef de file démocrate de la Chambre des représentants et le chef de file démocrate du Sénat, Chuck Schumer, en posant sur le bureau devant eux, dans le bureau Ovale, des casquettes rouges «Make America Great Again» 2028 — un clin d’œil au fait que le président caresse l’idée d’un troisième mandat, ce qui est inconstitutionnel.

Après cette réunion tenue à l’automne, M. Trump a publié une image truquée de M. Schumer aux côtés de M. Jeffries, ce dernier portant un sombrero et une moustache en guidon – une image largement perçue comme un cliché raciste – alors qu’il se moquait des démocrates avant ce qui allait devenir la plus longue paralysie du gouvernement fédéral de l’histoire des États-Unis.

Si les démocrates prennent le contrôle de l’une ou l’autre des chambres, les législateurs veulent voir le Congrès exercer son propre pouvoir en tant que branche du gouvernement à part entière, plus disposé à tenir la Maison-Blanche en échec.