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Kosovo: des équipes médico-légales fouillent un site qui abriterait une fosse commune

Selon les autorités, le site situé à Kalluder a été bouclé et n’avait pas encore fait l’objet de fouilles dans le cadre de la recherche de preuves de crimes de guerre.

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Un policier kosovar garde le site où des équipes médico-légales ont commencé les fouilles d'une fosse commune près du village de Kalluder, le mercredi 29 juillet 2026. Photo AP Un policier kosovar garde le site où des équipes médico-légales ont commencé les fouilles d'une fosse commune près du village de Kalluder, le mercredi 29 juillet 2026. Photo AP (Florent Bajrami)

Les autorités du Kosovo ont entamé des fouilles dans un village du nord du pays après la découverte de restes humains qui appartiendraient à des personnes portées disparues depuis la guerre du Kosovo de 1998-1999.

Selon les autorités, le site situé à Kalluder, dans la commune de Zubin Potok, a été bouclé et n’avait pas encore fait l’objet de fouilles dans le cadre de la recherche de preuves de crimes de guerre.

La guerre d’indépendance contre la Serbie a commencé en 1998, lorsque l’Armée de libération du Kosovo (UCK), un groupe rebelle, a mené une lutte pour l’indépendance et que la Serbie a riposté par une répression brutale. La guerre a pris fin après 78 jours de bombardements de l’OTAN sur la Serbie en 1999, qui ont finalement contraint cette dernière à retirer ses troupes du territoire.

Lundi, la police kosovare a arrêté deux Serbes du Kosovo dans le cadre de l’affaire liée au site de Kalluder, soupçonnés de crimes de guerre contre la population civile.

Ditor Haliti, membre de l’équipe médico-légale, a déclaré que les premières analyses avaient confirmé que les restes étaient «d’origine humaine et présentaient un intérêt médico-légal».

Le premier ministre Albin Kurti a affirmé mercredi que les autorités devaient déterminer avec précision la nature de ce qui avait été découvert.

«Notre premier soupçon, après avoir appris que des restes humains avaient été découverts, a naturellement été qu’ils pourraient appartenir au groupe de 23 intellectuels qui ont été enlevés et ont fait l’objet d’une disparition forcée le 19 avril 1999 à Mitrovica», a souligné M. Kurti lors de la présentation d’un rapport sur les victimes de la guerre.

Selon les organisations de défense des droits de la personne, environ 1600 personnes ont disparu pendant la guerre et sont toujours portées disparues.

Le ministre de l’Intérieur, Xhelal Svecla, a affirmé mardi que le Kosovo «ne se reposerait pas» tant que le sort de la dernière personne disparue n’aura pas été élucidé et que tous les auteurs de crimes de guerre n’auront pas été traduits en justice.

M. Svecla a également accusé la Serbie de manquer de coopération.

«Non seulement ils refusent de coopérer pour faire la lumière sur le sort des personnes disparues, mais, pire encore, ils entravent et sabotent le travail des institutions du Kosovo, tant en Serbie qu’au Kosovo», a déploré le ministre.