Le candidat de l’extrême gauche à la présidentielle française, Jean-Luc Mélenchon, a rendu hommage dimanche aux lycéens dont le mouvement de protestation a secoué la France, appelant lors d’un rassemblement électoral à abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans et à mettre fin au système d’admission sélective à l’université.
Fervent anticapitaliste, Jean-Luc Mélenchon s’en est également pris au président américain Donald Trump, à l’OTAN et au système financier mondial, dans un discours enflammé prononcé devant des milliers de partisans, destiné à donner un coup d’accélérateur à sa campagne en vue de l’élection présidentielle à deux tours qui se tiendra en avril et mai de l’année prochaine.
Dimanche également, les électeurs socialistes et leurs alliés ont choisi le député européen Raphaël Glucksmann comme candidat à la présidentielle lors d’une primaire entachée par une cyberattaque et des divisions au sein de la gauche traditionnelle.
Le président Emmanuel Macron arrive au terme de son deuxième mandat et ne peut se représenter; l’élection de l’année prochaine constituera donc un tournant pour la France et l’Europe. La France est la seule puissance nucléaire de l’Union européenne, sa deuxième économie et un pilier de la zone euro.
À ce stade, les sondages indiquent que Jean-Luc Mélenchon et le candidat de centre-droit Édouard Philippe se situent derrière la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, mais devant toute une série d’autres prétendants. Reste à voir s’ils maintiendront leur niveau actuel de soutien.
Le mouvement national de protestation des lycéens — contre la détérioration des bâtiments scolaires, la pénurie d’enseignants et les inégalités qui pénalisent les établissements des quartiers défavorisés — a mobilisé les jeunes électeurs, qui pourraient s’avérer déterminants pour l’issue du scrutin.
Le mouvement a parfois pris un tournant violent, et la police a procédé à plus de 6600 interpellations. Des centaines de personnes ont été blessées, parmi lesquelles des élèves, des enseignants et des policiers.
Les détracteurs de M. Mélenchon affirment que lui et son parti, La France insoumise (LFI), attisent les tensions à des fins électorales; M. Mélenchon affirme quant à lui que son parti n’organise pas le mouvement et souhaite qu’il reste pacifique.
Le parti a invité des étudiants manifestants à monter sur scène lors du rassemblement de dimanche à Clermont-Ferrand, dans le sud du pays. M. Mélenchon a déclaré que leur mouvement de protestation témoignait d’«un haut niveau de maturité politique et syndicale».
De nombreux manifestants ont moins de 18 ans, et M. Mélenchon — âgé de 75 ans et candidat à la présidentielle pour la quatrième fois — a fait un clin d’œil à cet électorat de demain en proposant d’abaisser l’âge du droit de vote à 16 ans.
Il a dénoncé la plateforme nationale d’admission à l’université qui a suscité la colère des étudiants manifestants, affirmant que les admissions sélectives devaient être supprimées et que le savoir ne devait pas être transformé en «marchandise».
D’autres manifestations sont prévues mardi et samedi prochain.
Celui qui a fondé LFI estime que le mouvement a montré aux jeunes le pouvoir dont ils peuvent faire usage, espère que cela se traduira par une participation électorale plus forte de la jeunesse.
Ce mouvement «marque leur entrée en politique», a déclaré Dounia Georgeon, bibliothécaire dans une école secondaire, à l’Associated Press lors d’une manifestation cette semaine dans son établissement, situé à l’est de Paris. La réaction musclée de la police risque d’avoir un impact durable sur les élèves et leur engagement politique, a-t-elle ajouté.
Dimanche, M. Mélenchon s’est également adressé aux électeurs plus âgés, appelant à abaisser l’âge de la retraite de 62 à 60 ans. Il a également réitéré sa volonté d’annuler la dette colossale de la France.
Il a qualifié le président américain Donald Trump d’«adversaire» en raison de ses droits de douane, et a déclaré que la France devait mener une politique étrangère plus indépendante.
«Nous ne préparons pas nos enfants et petits-enfants à mourir pour une opération hasardeuse concoctée par l’OTAN», a-t-il affirmé. Son programme électoral affirme que l’adhésion à l’OTAN est «contraire aux intérêts de la France», appelle à un meilleur dialogue avec la Russie et ne mentionne pas l’Ukraine.
Ce week-end également, Édouard Philippe et le candidat centriste Gabriel Attal, tous deux anciens premiers ministres nommés par le président Macron, très impopulaire, ont tenu des rassemblements.
