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«Je souffre dans mon esprit et mon âme»: Christa Pike s’exprime pour la première fois depuis son exécution ratée

«Depuis cette nuit-là, il n’y a pas eu un seul instant où je n’ai pas souffert.»

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This photo provided by the Tennessee Department of Correction shows Christa Pike on Jan. 12, 2023. (TDOC via AP) Cette photo, fournie par le Département correctionnel du Tennessee, montre Christa Pike le 12 janvier 2023.

Christa Pike, qui a survécu à la tentative d’exécution par injection létale dont elle a fait l’objet il y a un mois dans le Tennessee, s’exprime pour la première fois, affirmant qu’elle se remet, «mais se remettre n’est pas la même chose que se sentir bien».

«Depuis cette nuit-là, il n’y a pas eu un seul instant où je n’ai pas souffert. J’ai mal partout. J’ai mal aux bras. J’ai mal aux mains. J’ai mal à la gorge. J’ai encore du mal à parler», a déclaré Mme Pike dans un communiqué écrit qui, selon ses avocats, leur a été dicté. «Et la douleur n’est pas seulement physique. Je souffre aussi dans mon esprit et dans mon âme.»

Ce texte est la traduction d’un article de CTV News.

Mme Pike, âgée de 50 ans, a été hospitalisée après avoir survécu à deux doses de pentobarbital alors que l’État tentait de l’exécuter le 30 septembre pour avoir battu à mort et poignardé sa camarade de classe Colleen Slemmer en 1995. Peu après l’échec de la procédure, Mme Pike a été placée sous respirateur artificiel, et ses avocats ne s’attendaient pas à ce qu’elle survive. Mais elle s’est réveillée et a commencé à parler et à marcher avec de l’aide.

Mme Pike a déclaré qu’elle était «prête à mourir» par exécution, mais qu’au lieu de cela, elle s’était «réveillée seule à l’hôpital, désorientée et souffrante», selon le communiqué.

Il s’agit de la première déclaration publique attribuée à Mme Pike depuis cette exécution ratée. Elle est la seule personne à avoir survécu à l’injection de substances chimiques létales lors d’une exécution, selon le Death Penalty Information Center.

Mme Pike s’est lancée dans ce qui s’annonce comme une longue bataille juridique pour empêcher une deuxième tentative de la mettre à mort. Elle a été renvoyée en prison au début du mois après une hospitalisation de dix jours et continue de bénéficier de soins médicaux, selon ses avocats.

«Depuis cette nuit-là, je suis en grande partie isolée dans le service médical de la prison, loin des autres et des liens humains qui comptent tant pour moi», a poursuivi Mme Pike dans ce communiqué. «Cet isolement est une souffrance à part entière. J’ai passé 28 ans en isolement cellulaire et une grande partie de ce que je vis aujourd’hui n’est qu’une répétition de cette situation.»

L’État enquête sur les causes de l’échec

Au lendemain de cette exécution ratée, le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a ordonné une enquête pour déterminer ce qui s’était passé dans la chambre d’exécution et a reporté sine die une autre exécution prévue cette année.

Le fait que l’exécution de Pike n’ait pas eu lieu a également bouleversé la famille de Slemmer, qui a déclaré que l’attention portée à l’état de santé de Pike avait détourné l’attention de la victime.

«Je pense que l’État me doit des excuses sincères», a plaidé May Martinez, la mère de Slemmer, à la chaîne WTLV, affiliée à CNN, ce mois-ci.

Lee n’est pas disposé à commuer la peine de Pike, a-t-il répondu cette semaine à Nashville devant la presse.

«Elle est toujours incarcérée en vertu des lois de l’État du Tennessee», a lancé Lee, selon la chaîne WSMV, affiliée à CNN. «Je pense que sa peine restera inchangée, sauf décision contraire des tribunaux.»