International

JD Vance promeut son nouveau livre sur sa foi chrétienne

Il raconte sa conversion au catholicisme, au terme d’un long cheminement puisant dans le christianisme flou de sa grand-mère adorée.

Publié le 

Le vice-président JD Vance prend la parole à Bethpage, dans l'État de New York, le mercredi 17 juin 2026. Photo AP Le vice-président JD Vance prend la parole à Bethpage, dans l'État de New York, le mercredi 17 juin 2026. Photo AP (Matt Rourke)

Le président voyage, le vice-président a les mains libres. JD Vance a pris d’assaut les médias américains cette semaine pour promouvoir son nouveau livre sur sa foi chrétienne, tandis que le président Trump participait au G7 en France et signait un accord de fin ds hostilités avec l’Iran.

«Parlons du livre, je suis là pour vendre des livres !» a lancé le républicain lors d’une rare intervention sur The View, une émission de débat sur la chaîne progressiste ABC.

Mais l’ambitieux vice-président ne vend pas seulement des livres : il est aussi devenu le visage de l’accord avec l’Iran. Entrevue après entrevue, il a inlassablement défendu le texte, alors même que cet ancien marine aurait, à l’origine, été opposé au conflit.

JD Vance, 41 ans, a joué un rôle clé dans les négociations. Trump a ainsi déclaré, non sans ironie, qu’il rejetterait la faute sur son veep (vice-président, ndlr) si l’accord échouait. «Si ça marche, j’en prendrai le mérite. Si ça ne marche pas, je blâmerai JD».

«Désir arrogant»

Les enjeux politiques sont d’autant plus élevés que JD Vance est soupçonné de lorgner la présidence en 2028. Son livre, comme un accord réussi avec Téhéran, pourraient y jouer un rôle: aucun candidat sérieux ne se lance dans la course sans publier ses mémoires.

Le premier ouvrage du natif de l’Ohio, l’autobiographie Hillbilly Elegy parue en 2016, a été un best-seller. Le second, Communion : retrouver le chemin de la foi est plus introspectif.

Il raconte sa conversion au catholicisme, au terme d’un long cheminement puisant dans le christianisme flou de sa grand-mère adorée, une adepte des armes à feu qui a veillé sur lui pendant la majorité de son enfance.

Vance évoque un «désir arrogant de s’élever au-dessus des autres», de la part d’un «gamin pauvre». Désormais, «j’ai réussi. Je suis le vice-président des États-Unis, l’un des plus jeunes de l’histoire à occuper ce poste», écrit-il. Mais ajoute : «j’avais perdu quelque chose d’important qui (…) m’enrichissait quand j’étais enfant».

Celui qui fut parfois qualifié de chien de garde de Donald Trump adopte un ton plus apaisé que sur les réseaux sociaux, donnant la part belle à son épouse Usha, élevée dans l’hindouisme, qui attend leur quatrième enfant cet été.

Hillbilly Elegy présentait une Rust Belt — ceinture de la rouille, le nord-est industriel américain empêtré dans le déclin — exsangue et ravagée par les opioïdes. Ses récits avaient été qualifiés de prophétiques pour expliquer l’ascension de Trump. La même année, Vance le comparait pourtant à Hitler.

Mais aujourd’hui, le vice-président insiste dans Communion sur son soutien indéfectible au président. Niant toute «manœuvre cynique», celui qui se présente comme un moraliste chrétien affirme qu’il n’a rien à voir avec un milliardaire flamboyant et inconstant, aux prises avec des scandales permanents.

Est-il candidat pour lui succéder ? «Est-ce que ça ressemble vraiment à un président des États-Unis de lancer une émission télévisée pour trouver son prochain apprenti ?», répond-il, bravache, sur Fox News, en référence au jeu de télé-réalité The Apprentice autrefois animé par Donald Trump.

Il a pour autant indiqué cette semaine qu’il prendrait sa décision après les élections de mi-mandat, en novembre. Si les républicains perdent le contrôle du Congrès — une hypothèse sérieuse — il n’aura guère d’autre choix que de prendre progressivement ses distances avec une fin de règne potentiellement difficile pour Donald Trump.

Il sait aussi qu’il devra d’abord l’emporter sur le chef de la diplomatie, Marco Rubio, avant d’hériter du flambeau MAGA.

Lors d’un dîner avec Rupert Murdoch l’an dernier, Donald Trump avait demandé au magnat des médias — en leur présence — lequel des deux il préférait, selon le livre à paraître Regime Change de deux journalistes du New York Times.

Réponse prudente: Vance a «le potentiel pour être grand», mais Rubio est «brillant».