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Israël doit expliquer le refus d’une délégation en Cisjordanie, selon des élus

L’ambassade d’Israël au Canada affirme que la délégation s’est vu refuser l’entrée parce qu’elle était parrainée par The Canadian-Muslim Vote.

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La ministre des Affaires étrangères Anita Anand se lève pendant la période de questions à la Chambre des communes, sur la colline du Parlement à Ottawa, le vendredi 5 décembre 2025. LA PRESSE CANADIENNE/Spencer Colby La ministre des Affaires étrangères Anita Anand se lève pendant la période de questions à la Chambre des communes, sur la colline du Parlement à Ottawa, le vendredi 5 décembre 2025. (Spencer Colby)

Deux députés membres d’une délégation à qui l’accès à la Cisjordanie a été refusé en début de semaine demandent à la ministre des Affaires étrangères, Anita Anand, d’obtenir des explications de la part d’Israël concernant le traitement sévère infligé à ses membres.

Plusieurs témoins ont déclaré à La Presse Canadienne avoir vu des agents frontaliers israéliens pousser la députée libérale de l’Ontario Iqra Khalid alors que la délégation d’environ 30 personnes était retenue pendant plusieurs heures mardi au poste frontière d’Allenby.

Dans une lettre envoyée à Mme Anand jeudi soir, la députée néo-démocrate Jenny Kwan et le député libéral Gurbux Saini, également membres de la délégation, ont qualifié ce comportement de «violation flagrante de la dignité personnelle et des normes diplomatiques fondamentales».

Les députés ont également joint une copie d’un formulaire qu’ils affirment avoir été contraints de signer sous la contrainte.

Ce document, imprimé sur du papier à en-tête de l’État d’Israël, demande aux personnes concernées de reconnaître que leur refus d’entrée est motivé par des «considérations de sécurité publique, de sûreté publique ou d’ordre public».

Mme Kwan et M. Saini souhaitent que Mme Anand détermine les conséquences pour toute personne ayant signé le document et si celles-ci risquent d’avoir des difficultés à entrer en Israël ou dans d’autres pays.

«Les mauvais traitements physiques infligés à un député canadien, le refus arbitraire d’entrée à toute une délégation et l’imposition de déclarations de sécurité stigmatisantes ne sont pas des irritants diplomatiques mineurs», ont écrit les députés.

«Il s’agit d’atteintes graves à la souveraineté du Canada, à la dignité de nos représentants élus et à l’attente que les alliés s’engagent les uns envers les autres de bonne foi.»

La lettre demande à Mme Anand de convoquer l’ambassadeur d’Israël afin qu’il explique pourquoi le groupe a été maltraité et s’est vu refuser l’entrée, et exige une explication écrite du gouvernement israélien concernant ce refus.

Le bureau de Mme Anand n’a pas répondu à une demande de commentaires sur la lettre.

Mme Anand a publié une déclaration sur les réseaux sociaux en début de semaine, indiquant qu’Affaires mondiales Canada était en contact avec la délégation et que le gouvernement avait «exprimé les objections du Canada concernant le mauvais traitement infligé à ces Canadiens alors qu’ils tentaient de passer la frontière».

Les députés souhaitent également obtenir l’assurance que les élus et les citoyens canadiens ne feront pas l’objet d’intimidations ou de violences physiques lors de leurs futures interactions avec les autorités israéliennes.

Mme Khalid a raconté à La Presse canadienne que l’incident s’était produit lorsqu’elle avait tenté de se tenir près d’un membre de la délégation qui était encerclé par des agents frontaliers pendant un interrogatoire.

La délégation, parrainée par The Canadian-Muslim Vote, avait prévu de rencontrer des Palestiniens déplacés en Cisjordanie, où le gouvernement israélien a récemment approuvé la construction de 764 nouvelles maisons dans des colonies juives.

L’ambassade d’Israël au Canada affirme que la délégation s’est vue refuser l’entrée en raison de son lien avec The Canadian-Muslim Vote, qui, selon l’ambassade, reçoit des fonds d’un groupe considéré comme une entité terroriste par Tel-Aviv.

«Les organisateurs sont The Canadian-Muslim Vote, qui reçoit la grande majorité de son financement de Islamic Relief Canada, une filiale de Islamic Relief Worldwide. IRW a été répertoriée comme une entité terroriste par l’État d’Israël», a affirmé l’ambassade israélienne dans un communiqué.

«L’État d’Israël n’autorisera pas l’entrée d’organisations et d’individus associés à des entités terroristes désignées.»

L’ambassadeur d’Israël au Canada, Iddo Moed, a reconnu la nécessité «d’aller au fond de cette affaire» dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne en début de semaine. Il a également ajouté qu’il n’avait entendu parler de ce différend que par les médias.

— Avec des informations de David Baxter

Craig Lord

Craig Lord

Journaliste