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Internet coupé, manifestants tués et intervention des États-Unis: que se passe-t-il en Iran?

Il s’agit des plus intenses manifestations au cours des dernières années dans la République islamique.

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Manifestations en Iran: le nombre de morts en hausse Des milliers de manifestants protestent dans les rues de l’Iran, défiant comme jamais la République islamique.

Depuis la fin du mois de décembre dernier, des milliers d’Iraniens ont pris d’assaut les rues du pays pour manifester. Si les contestataires se mobilisaient au départ pour dénoncer le coût de la vie et la dépréciation de la monnaie, plusieurs réclament désormais la fin de la République islamique proclamée en 1979.

Voici tout ce qu’il faut savoir.

Des manifestants ont même été aperçus en train de scander des slogans comme «Mort à Khamenei», provoquant directement l’ayatollah et Guide suprême de la Révolution islamique Ali Khamenei, qui détient l’autorité suprême sur les affaires religieuses et étatiques de la nation.

Pour réprimer le mouvement, le pouvoir n’a pas hésité à user de la force et le bilan de morts chez les manifestants oscille entre quelques centaines et des milliers, dépendamment des sources. D’après l’ONG Iran Human Rights, au moins 648 manifestants ont été tués depuis le 28 décembre.

Des milliers de protestataires ont aussi été arrêtés et les autorités ont imposé une coupure d’internet le 8 janvier dernier, une mesure vivement critiquée par l’ONU.

Certains manifestants anti-pouvoir pourraient être condamnés à mort pour leurs actes, a déclaré vendredi le procureur de Téhéran, Ali Salehi, selon l’agence de presse semi-officielle Tasnim.

Dans l’espoir de mettre fin aux manifestations, le pouvoir iranien a appelé lundi ses partisans à se mobiliser en soutien à la République islamique et pour rendre hommage aux membres des forces de sécurité morts durant les manifestations. Des milliers d’entre eux ont répondu présents.

Un mouvement de contestation différent des précédents

Le pouvoir iranien n’avait pas été confronté à une telle contestation depuis celle provoquée par la mort en détention en 2022 de Mahsa Amini, une jeune Kurde arrêtée pour avoir enfreint le strict code vestimentaire féminin.

Ce mouvement est toutefois différent en cela qu’il a émané des bazaaris, comme on appelle les commerçants, un groupe dont l’appui va traditionnellement au pouvoir iranien. Leur soutien avait notamment contribué au succès de la révolution islamique de 1979, en fournissant aux rebelles un soutien financier qui a conduit à la chute du shah, ou monarque.

«Depuis plus de 100 ans dans l’histoire iranienne, les bazars ont joué un rôle clé dans tous les grands mouvements politiques du pays», a expliqué à CNN Arang Keshavarzian, professeur d’études moyen-orientales et islamiques à l’université de New York et auteur de Bazaar and State in Iran (Le bazar et l’État en Iran). «De nombreux observateurs estiment que les bazars comptent parmi les plus fidèles à la République islamique.»

La responsable Moyen-Orient chez Bloomberg Economics, Dina Esfandiary, a aussi soulevé auprès du média américain que cette vague de manifestations semble différente des précédentes en raison du sentiment de frustration et d’épuisement qui règne parmi la population.

«La situation a atteint un point critique», a déclaré Mme Esfandiary. «Je pense que la République islamique telle que nous la connaissons aujourd’hui ne sera probablement plus la même en 2027. Je pense vraiment qu’il va y avoir des changements.»

«Ce mouvement est différent parce qu’il fait la synthèse de tous les mouvements précédents: les révoltes économiques, les révoltes pour l’égalité femmes-hommes, les révoltes des étudiants, les révoltes des classes moyennes, qui sont déclassées aujourd’hui», observe de son côté Clément Therme, chercheur associé à l’Institut international d’études iraniennes à Sciences Po Paris.

«La République islamique est prise dans un cercle vicieux, puisque plus elle réprime, plus la situation économique du pays se détériore», ajoute M. Therme, ce qui augmente le mécontentement populaire et fragilise davantage le régime.

Vers une intervention des États-Unis?

Dernièrement, le président américain Donald Trump a menacé d’attaquer l’Iran si les forces de sécurité ne modéraient pas leur approche face aux manifestants. En réponse à ces menaces, le chef de la diplomatie iranienne a affirmé lundi que son pays était prêt à la guerre mais aussi à négocier.

«Il est possible que, sous la pression conjuguée des protestations internes et des menaces étrangères des États-Unis et d’Israël, des membres du régime entreprennent une action de type coup d’État et modifient les politiques et structures fondamentales du régime», observe Arash Azizi, de l’université américaine Yale. «Ce serait aussi la chute du régime.»

Monde sous tension | Israël et l'Iran L’année 2025 a été marquée par une escalade des tensions au Moyen-Orient. La guerre froide qui sévit entre Israël et l’Iran depuis des décennies a connu une surenchère sans précédent quand Israël a attaqué l’Iran le 13 juin et a bombardé ses centrales nucléaires.

Le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a de son côté déclaré lundi que L’Iran menait «une guerre sur quatre fronts», en citant une guerre économique, psychologique, «une guerre militaire» contre les États-Unis et Israël, et «à présent une guerre contre des terroristes».

«La grande nation iranienne n’a jamais permis à ses ennemis d’atteindre ses objectifs», a-t-il dit, sous des banderoles portant les mots «Mort à Israël, Mort à l’Amérique», en persan, et promettant que l’armée iranienne infligerait à Donald Trump «une leçon inoubliable» en cas d’attaque américaine.

Il y a six mois, Israël et les États-Unis avaient lancé des attaques contre l’Iran, et Donald Trump a évoqué la possibilité de nouvelles attaques ces dernières semaines, après avoir rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en décembre.

Avec de l’information de CNN