Quatre personnes sont décédées à Bangkok dans les inondations causées par des pluies diluviennes qui touchent la Thaïlande depuis la mi-septembre, portant le bilan à 23 morts dans le pays, a annoncé mardi le gouvernement.
L’autorité chargée de la gestion des catastrophes a indiqué que les inondations avaient touché 29 des 77 provinces du pays d’Asie du Sud-Est. Quatre personnes sont décédées à Bangkok, huit à Samut Prakan, située entre la capitale et la mer, et six à Sa Kaeo (est), a-t-elle précisé.
Environ 700 000 personnes ont été touchées par la montée de l’eau dans la capitale qui a conduit samedi à déclarer l’état de catastrophe naturelle, selon l’autorité.
Mardi, certaines parties de Bangkok étaient encore inondées. Les écoles sont fermées pour la deuxième journée consécutive et près de 7 000 personnes ont dû s’abriter dans plus de 230 centres d’accueil répartis dans toute la ville, selon les autorités de Bangkok.
Le mois de septembre marque le pic de la saison des pluies en Thaïlande, mais de nombreux habitants de Bangkok ont jugé les inondations de cette année plus graves que les précédentes.

Dans l’un des quartiers les plus touchés, dans l’est de Bangkok, Supreeya Kasim, 25 ans, évacue l’eau boueuse du restaurant où elle travaille.
«L’eau n’était jamais montée jusqu’à mes genoux auparavant. Cette fois était la pire», a-t-elle déclaré à l’AFP.
«Toutes nos affaires sont abîmées», a-t-elle déploré.
Les eaux n’ont commencé à se retirer que lundi soir, après avoir être montées jusqu’à la taille dehors et jusqu’aux mollets à l’intérieur, a-t-elle ajouté.
Trois employés aident au nettoyage, mais ils n’espèrent pas pouvoir ouvrir le restaurant avant jeudi. Il faudra attendre que les locaux sèchent et pulvériser des désinfectants pour éviter le prolifération de moisissures, a expliqué Supreeya.
Manque d’avertissement
Toutes les affaires de Supachai Pongchan, qui vit au rez-de-chaussée dans le district de Bang Kapi, ont été endommagées. «Nous n’avons pas pu les déplacer à temps parce que l’inondation est survenue la nuit», a-t-il expliqué.
Le septuagénaire n’a réussi à sauver que ses appareils élecro-ménagers en les transportant dans un lieu plus élevé.
Comme d’autres habitants, il déplore le manque d’avertissement.
«Le gouvernement a mal évalué» la situation. «Lorsque l’énorme volume d’eau est arrivé, nous ne savions tout simplement pas quoi faire», a-t-il souligné.
D’autres décès ont été enregistrés à Chanthaburi, au sud-est de Bangkok, ainsi qu’à Ayutthaya et Saraburi, deux provinces situées au nord de la capitale.
La capitale thaïlandaise est construite sur d’anciens marécages et est sillonnée par un réseau de canaux, dont beaucoup ont été fortement inondés par les pluies.
Les stations de pompage fonctionnent à plein régime depuis plusieurs jours, mais le gouverneur Chadchart Sittipunt a déclaré dimanche qu’il faudrait «jusqu’à une semaine» pour que les eaux se retirent complètement.
Les scientifiques préviennent que l’intensité et la fréquence des phénomènes météorologiques extrêmes vont augmenter à mesure que le réchauffement climatique s’accélère en raison des émissions liées aux combustibles fossiles.
«C’est une leçon», estime Chaleerat Chamrasporn, 55 ans, occupée à ramasser des déchets dans l’eau qui a submergé la rue devant sa maison.
«Les enfants sont attirés pas des contenus apocalyptiques, mais à présent ils peuvent voir à quoi ressemble réellement la fin du monde, ou plutôt ce n’est que le début», a-t-elle ajouté.
Les vols ont subi des retards dans les aéroports de Bangkok.
«Près de 100 % des vols au cours des deux derniers jours ont été retardés, avec moins de 3 % à l’hure», a déclaré mardi à la presse le PDG de Thai Airways Chai Eamsiri.
La compagnie nationale prévoir de réduire d’environ 30 % les vols au départ de Bangkok — environ 30 vols — dans les prochains jours, afin de réduire les retards, a-t-il dit.
