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Inflation, emplois menacés, transport limité: le quotidien des Cubains sans carburant

La crise énergétique pèse sur le quotidien des habitants à Cuba.

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L'ancien joueur de baseball Juan Alberto Varona lave des vêtements dans la rue pendant une coupure d'électricité programmée à Santa Cruz del Norte, à Cuba, en fin d'après-midi, le mardi 3 février 2026. L'ancien joueur de baseball Juan Alberto Varona lave des vêtements dans la rue pendant une coupure d'électricité programmée à Santa Cruz del Norte, à Cuba, en fin d'après-midi, le mardi 3 février 2026. (Ramon Espinosa)

Coupures de courant prolongées, transport limité, emplois menacés et prix à la hausse : la crise énergétique pèse sur le quotidien des habitants à Cuba, où l’état des réserves de carburant reste la grande inconnue.

Transport limité

Sur l’île de 9,6 millions d’habitants, la vente de diesel est désormais suspendue et celle d’essence est drastiquement rationnée. Les propriétaires d’un véhicule ont accès à 20 litres d’essence via une application gérant la répartition aux particuliers, qui peut prendre des mois.

Alors que le transport public a été fortement réduit, les prix des courses des quelques taxis privés qui circulent encore à La Havane ont doublé, ainsi que ceux des triporteurs électriques qui servent de transport collectif.

«Les temps sont compliqués», confie à l’AFP Yixander Diaz, un maçon de 27 ans qui vit dans un quartier périphérique de La Havane et se déplace à vélo jusqu’au centre de la capitale pour travailler, transportant outils et matériaux sur sa bicyclette.

Ce chauffeur de taxi a dû «ranger la moto, la voiture et prendre le vélo» pour revenir à son ancien métier de maçon et «continuer à survivre» pour nourrir ces deux enfants.

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Emplois menacés

Le gouvernement a assuré maintenir à 100% les salaires des employés d’État pendant au moins un mois après l’annonce d’un paquet de mesures, dont le télétravail et la semaine de quatre jours, pour économiser de l’électricité et du carburant.

Mais le ralentissement de l’activité économique a d’ores et déjà un impact sur les entreprises privées, les travailleurs à leur compte et les petits emplois informels.

«À tout moment, je peux me retrouver sans travail et je ne sais pas comment je vais nourrir ma famille», se désole Alexander Callejas, 49 ans, qui travaille à son compte comme gardien de voiture devant un restaurant du quartier de la Vieille Havane, où les clients venant en voiture se font plus rares.

Selon une étude du cabinet de consultant cubain Auge, 96,4% des petites et moyennes entreprises privées, soit plus de 8 900 entreprises, sont touchées de façon «sévère» à «catastrophique» par la pénurie de carburant.

Coupures d’électricité

La production de brut à Cuba permet seulement d’assurer le fonctionnement des centrales thermiques pour la génération d’électricité. Le manque de diesel paralyse les générateurs qui complètent la production.

Entre le 1er janvier et le 15 février, la disponibilité d’électricité a baissé de 20% dans le pays par rapport à 2025, année au cours de laquelle Cuba avait à peine satisfait la moitié de ses besoins, selon des chiffres officiels compilés et analysés par l’AFP.

Cette baisse est cependant mitigée par une hausse importante de la production d’énergie solaire depuis début 2026, par rapport à 2025 (+42,3%), selon les mêmes calculs.

À la tombée de la nuit, assis sur le pas de sa porte, dans le quartier du Centro, à La Havane, Eduardo, qui n’a pas souhaité donner son nom, attend avec résignation que l’électricité revienne «pour pouvoir cuisiner». «On nous la coupe tous les jours», se lamente-t-il.

Une Québécoise à Cuba décrit ce qu'il se passe sur le terrain Pénurie de kérosène: Mylen Vigneault, une Québécoise qui vit à Holguin, discute de la situation à Cuba.

Hausse des prix

La hausse du carburant et la pénurie de transports ont fait flamber les prix de produits comme l’huile dans les commerces privés, ainsi que de certaines denrées agricoles, renchérissant encore davantage l’offre disponible déjà limitée, dans un pays qui importe 80% de sa nourriture.

Luis Amauri Morales, 52 ans, un vendeur ambulant de fruits et légumes, reconnaît que ces produits frais deviennent chaque jour plus chers. «La pénurie peut arriver» si la crise du carburant et la hausse du prix du pétrole se poursuivent, craint-il, alors qu’un litre de pétrole coûte 5 dollars au marché noir.

Dans le quartier du Centro, Yordan Gonzalez, 20 ans, employé d’un petit kiosque qui vend des fruits et légumes, ainsi que quelques denrées importées, ressent déjà les effets de cette pénurie. «Nous commençons à travailler à neuf heures du matin et à midi nous devons déjà fermer, parce qu’il n’y a pas de marchandise» et «il n’y a pas de carburant» pour en faire venir davantage.

Dans le port de Mariel, le port commercial de La Havane, les conteneurs s’accumulent face au manque de diesel pour distribuer les marchandises, selon une source du secteur à l’AFP.