Le mouvement indien «des cafards» a mis fin samedi à plusieurs semaines de manifestations, affirmant que le gouvernement avait accepté toutes ses revendications après la démission du ministre de l’Éducation à la suite des fuites présumées de sujets d’examens et à des irrégularités dans le système éducatif.
Dharmendra Pradhan a annoncé sa démission dans un message publié sur X, offrant ainsi une victoire majeure au mouvement de jeunesse qui a mené des manifestations, des protestations assises et des grèves de la faim à l’échelle nationale.
Cette démission est la première concession significative du gouvernement du premier ministre Narendra Modi face à l’une des vagues de contestation publique les plus visibles auxquelles il a été confronté ces dernières années.
Le gouvernement a rarement cédé à la pression publique depuis que Narendra Modi a pris le pouvoir il y a plus de 12 ans. L’exception la plus notable remonte à 2021, lorsqu’il a été contraint de retirer des lois agricoles controversées après une année de protestations des agriculteurs.
Le mouvement «des coquerelles» a débuté il y a plus d’un mois en réaction à des allégations de fuites concernant certains des plus grands concours d’entrée en Inde. Ce qui avait commencé comme un appel à des réformes de l’éducation s’est transformé en une contestation plus large portant sur le chômage, la responsabilité du gouvernement et les occasions économiques. Étudiants, professionnels, familles et militants ont participé à des rassemblements à New Delhi et dans d’autres villes à travers l’Inde.
Après la démission de M. Pradhan, les organisateurs du mouvement ont mis fin aux manifestations, affirmant que le gouvernement avait accepté leurs revendications restantes. Celles-ci comprenaient des réformes plus approfondies du système d’éducation indien, une indemnisation pour les familles des étudiants qui se sont suicidés à la suite des fuites de sujets d’examen, ainsi que l’engagement de ne pas mener de poursuites judiciaires contre les participants aux manifestations.
«Nous invitons tout le monde à se retirer pacifiquement des lieux de manifestation», a déclaré Ashutosh Ranka, porte-parole du Cockroach Janta Party, qui a lancé le mouvement de protestation, lors d’une conférence de presse à New Delhi.
La nouvelle de la démission de M. Pradhan a déclenché des célébrations parmi les milliers de manifestants qui campaient sur le site de New Delhi depuis plus d’un mois. Beaucoup se sont embrassés et ont agité le drapeau indien.
Prachi Kumar, une employée d’entreprise qui s’était jointe aux manifestations, a soutenu que la démission de M. Pradhan était nécessaire pour rétablir la responsabilité au sein du système éducatif.
«Il fallait que cela soit fait. Quelqu’un doit être tenu pour responsable», a-t-elle affirmé.
Le Cockroach Janta Party a crié victoire à la suite de cette démission, écrivant sur X: «La démocratie l’emporte !»
Ces manifestations sont devenues l’un des défis les plus tenaces auxquels le gouvernement Modi a dû faire face ces dernières années. Des milliers de personnes déferlaient dans les rues, même après que la police eut utilisé des gaz lacrymogènes et des matraques pour disperser les manifestants.
Les tensions se sont intensifiées lundi lorsque la police est intervenue pour disperser des milliers de manifestants qui marchaient vers le Parlement. Plusieurs étudiants ont été blessés lors de cette répression, ce qui a attisé la colère des manifestants.
Le gouvernement indien avait auparavant cherché à apaiser les tensions en annonçant la mise en place de tribunaux d’exception pour les affaires liées aux fuites de sujets d’examens et en indiquant qu’il présenterait un projet de loi visant à renforcer les mesures contre la tricherie et la corruption dans le système des examens. Ces mesures n’ont pas satisfait les manifestants, qui ont estimé qu’elles ne répondaient pas à la question de la responsabilité du gouvernement.
Les partis d’opposition, qui se sont ralliés aux manifestations, ont déclaré que la démission de M. Pradhan montrait que le gouvernement avait cédé à la pression publique soutenue.
Rahul Gandhi, principal chef de file de l’opposition au Parlement indien, a qualifié cet événement de «d’avancée majeure vers la refonte du système d’éducation».
