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Incendie en Suisse: «On vit au jour le jour», raconte le père d’une victime dans un état critique

«Mon espoir c’est qu’elle s’en sorte».

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Two men walk outside a hospital as a helicopter takes off in Sion, Switzerland, Friday, Jan. 2, 2026, following the fire at the "Le Constellation" bar and lounge in Crans-Montana, Switzerland during the New Year celebration. (AP Photo/Baz Ratner) Deux hommes marchent devant un hôpital alors qu'un hélicoptère décolle à Sion, en Suisse, le vendredi 2 janvier 2026, à la suite de l'incendie qui s'est déclaré au bar-salon « Le Constellation » à Crans-Montana, en Suisse, pendant les célébrations du Nouvel An. AP Photo (Baz Ratner)

«Chaque jour passé est un jour de gagné», témoigne à l’AFP le père de Pauline, 25 ans, grièvement brûlée dans l’incendie d’un bar à Crans-Montana, alors qu’il se rend à son chevet en Suisse, vendredi, jour de deuil national.

Quand son téléphone sonne et que la Suisse l’appelle, le père de famille est «en stress total», depuis le 2 janvier, quand il a appris que sa fille avait été grièvement «brûlée sur plusieurs parties du corps» lors de l’incendie du bar «le Constellation» la nuit du Nouvel An.

Pauline, résidente de Crans-Montana, où elle travaillait dans une boutique, est hospitalisée dans un état stable mais «toujours critique» à Zurich en Suisse. Elle y est «maintenue en semi-coma», raconte Laurent P., chauffeur de tramway dans le réseau de transports urbains toulousain (sud-ouest ).

Les médecins «ne peuvent pas se prononcer en fait, ils nous ont dit: on vit au jour le jour, un jour passé est un jour de gagné», dit-il par téléphone en route vers la Suisse, avec une proche qui conduit à ses côtés.

Ce vendredi, journée de deuil et d’hommage en Suisse pour les victimes de l’incendie, cet habitant toulousain a pris la route vers 05h00 depuis la ville Rose, pour voir sa fille et rencontrer le chirurgien qui l’a opérée lundi et devait la ré-opérer dans la journée.

Il va rester jusqu’à dimanche puis rentrera en France pour «l’enterrement de la petite Noémie», la meilleure amie de Pauline, décédée dans l’incendie qui a fait 40 morts au total et 116 blessés.

Le père de famille témoigne aussi des heures interminables après que son gendre l’a informé, le 1er janvier, que Pauline se trouvait dans le bar en proie aux flammes.

«Il m’a dit qu’elle y était, qu’il n’avait pas de nouvelles, qu’il ne savait pas où elle était. Moi, j’arrivais au travail parce que le 1er janvier, je travaillais». Mais après avoir appris la nouvelle, «j’étais pas capable de conduire», ajoute-t-il.

«Vivante»

«Là, on a regardé sur les réseaux. Et puis j’ai vu qu’il y avait un numéro d’urgence pour les familles, j’ai appelé (...) je n’ai eu des nouvelles que le lendemain vers 01h00 du matin, comme quoi elle était vivante, à Zurich».

Puis il a pris la route. «On est parti avec mon cousin, tout de suite vendredi au petit matin (...), on est arrivé à 19h et j’ai réussi à la voir à 23h», après les vérifications de la police judiciaire suisse, détaille-t-il.

«Le samedi, elle était consciente. Elle est maintenue en semi-coma, ils la réveillent un petit peu tous les jours pour lui parler, lui faire faire des exercices avec ses jambes, ses bras. On lui a parlé, on discute avec elle, elle ne peut pas répondre parce qu’elle est intubée mais elle nous fait des signes de la tête: oui, non, voilà».

Rentré à Toulouse après ce premier week-end éprouvant en Suisse, Laurent s’est alors occupé des démarches «auprès de la Sécu, de la mutuelle» pour les suites de la prise en charge médicale de Pauline. Il a parlé aussi à la police judiciaire, aux consuls de Genève, de Zurich, «pour mettre les choses en place».

Il ne souhaite pas s’intéresser pour le moment aux éléments qui entourent le drame. «Pour l’instant, la priorité, c’est ma fille», dit-il, «mon espoir c’est qu’elle s’en sorte».

«Pour la suite, l’enquête et tout, je suis tenu au courant", dit-il, précisant avoir pris contact avec un avocat qu’il “laisse gérer».

«J’ai énormément de soutien, que ce soit de Suisse, de France, plein d’associations qui m’ont appelé, le ministère des Affaires étrangères qui m’a téléphoné», souligne-t-il, exprimant aussi sa gratitude envers son employeur Tisséo pour son «soutien énorme», comme à tous ceux qui ont contribué à une cagnotte mise en ligne qui va l’«aider pour tous les frais là-bas».