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Important feu de forêt près de Paris, en France

La situation «n’est pas hors de contrôle mais nous venons de faire face (…) à un nouveau départ de feu».

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France: Important feu dans la forêt de Fontainebleau près de Paris La forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, étaie en proie le 13 juillet 2026 à un incendie hors norme, qui s'est déclaré la veille et pourrait avoir «une origine volontaire», selon le ministre de l’Intérieur.

Les secours tentent lundi de «fixer» l’incendie, possiblement volontaire, qui a parcouru en moins de 24 heures près de 1000 hectares de la forêt de Fontainebleau, au sud de la capitale française, toujours en propagation malgré le déploiement au sol de 500 pompiers et l’engagement de moyens inédits dans le ciel de la région parisienne.

Mondialement connue par les grimpeurs, la forêt de Fontainebleau, à une soixantaine de km de Paris, est inscrite comme une réserve de biosphère par l’ONU.

«L’enjeu aujourd’hui (…) c’est de pouvoir fixer le feu, stopper sa propagation. Le feu est toujours en propagation libre», a déclaré à la presse le porte-parole des sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne (sud-ouest de Paris), le commandant Sylvain Wdowik.

La situation «n’est pas hors de contrôle mais nous venons de faire face (…) à un nouveau départ de feu», a relevé le préfet de Seine-et-Marne, Pierre Ory.

Près de 1000 hectares de forêt ont brûlé, soit à peu près 5% du massif, selon la Sécurité civile.

Le combat contre ce sinistre qui s’est déclaré dimanche vers 15H00 GMT nécessite l’engagement d’avions bombardiers d’eau, une première en Île-de-France, la région parisienne.

Deux Canadair écopent dans le fleuve Seine depuis tôt lundi matin avant de larguer 6 000 litres d’eau toutes les deux minutes sur la forêt en feu. La veille déjà, deux Dash avaient été utilisés pour répandre au sol du produit retardant. Et ce sans compter le recours, classique, à des hélicoptères bombardiers.

«Tous les moyens sont mobilisés» pour lutter contre «un incendie d’une ampleur exceptionnelle», a assuré le président français Emmanuel Macron sur X.

Des renforts sont venus de toute la France et devaient continuer à arriver. Mais la tâche est rendue difficile par la configuration escarpée de certaines zones et les petits feux épars qui apparaissent çà et là, a constaté un journaliste de l’AFP.

Le vent recouvre la zone, soufflant sur les cendres dans un air quasiment irrespirable, obstrué par la fumée.

Justice saisie

«On est clairement dans les trois plus mauvaises conditions», a indiqué le lieutenant-colonel Olivier Compta, commandant des opérations de secours. Soit un vent «à plus de 30km/h», et même «plutôt vers 50″, une température «largement» au-delà de 30°C et un taux d’hygrométrie «extrêmement faible».

Une fois le feu fixé, il faudra encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines, pour éteindre complètement l’incendie et s’assurer qu’il n’y ait pas de reprise.

Sur place, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a estimé que le sinistre pourrait avoir «une origine volontaire», ce que suggère la découverte d’«une dizaine de points de départ de feu dans un périmètre de 1000 mètres».

La justice a été saisie.

«On n’est pas sur un morceau de nature dans lequel il n’y a pas d’habitants», a fait valoir sur la chaîne d’information en continu BFMTV Frédéric Valletoux, député Horizons (droite) de Seine-et-Marne et ancien maire de Fontainebleau, une ville de 15 000 habitants.

Non loin de là, plus de 150 chevaux sont en cours d’évacuation.

Clément Boher, 37 ans, «a commencé à voir les montées de fumée vers 19H00» dimanche, de sa maison, à Arbonne-la-Forêt, l’un des trois villages au cœur du sinistre.

«On s’est tenu au courant par les informations et les allocutions du maire, toutes les heures. Comme tout le monde, on se tient prêt, les véhicules prêts, un sac à dos. On ne peut qu’attendre, ça sert à rien de paniquer avant», explique-t-il. Prêt à évacuer, comme environ 900 personnes déjà mises en sécurité entre dimanche soir et lundi matin.

Aucune habitation n’a cependant été touchée et aucun blessé n’est à déplorer, s’est réjoui Laurent Nuñez.

«Poursuites pénales»

L’emblématique poumon vert, à 60 km au sud-est de Paris, accueille chaque année 15 millions de visiteurs, ce qui en fait une zone sensible, au-delà de son sol sableux et de sa végétation de fougères et de résineux particulièrement inflammable.

La présidente Les républicains (droite) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, espère que «les pyromanes seront retrouvés et sanctionnés de la peine exemplaire qu’ils méritent».

Le département de la Seine-et-Marne fait face depuis le déclenchement de la vigilance rouge canicule samedi à plusieurs incendies d’ampleur qui ont couvert près de 400 hectares au total avant d’être maîtrisés.

Les sinistres ont entraîné dimanche l’interruption de la circulation sur une portion de l’autoroute A6, la principale artère menant vers le sud-est de la France et qui traverse la forêt, et provoqué des retards de plusieurs heures sur les trains au départ ou à l’arrivée de Paris, en raison notamment de dommages sur des câbles.

Les fortes chaleurs, qui étouffent la région parisienne et une bonne partie du pays depuis plusieurs jours, accroissent considérablement le risque de départs de feux, attisés aussi par la sécheresse des sols.

Selon Laurent Nuñez, 32 000 hectares ont été «parcourus» par le feu depuis le début de l’année en France, soit plus que durant «toute la saison 2025» des incendies.

Les autorités ont prévenu que les responsables de tels sinistres, volontairement ou par imprudence, feraient l’objet de poursuites pénales.

Elles ne laisseront «rien passer», a martelé samedi le ministre, qui a indiqué lundi que 44 personnes avaient été placées en garde à vue depuis le début de l’été.