Les équipes de secours ont retrouvé les dépouilles de six des neuf ouvriers portés disparus après la rupture d’un immense réservoir de produits chimiques dans une papeterie de l’État de Washington, qui a provoqué un déversement massif de liquide caustique susceptible de causer de graves brûlures et des lésions pulmonaires, ont indiqué jeudi les autorités.
Au total, 11 personnes ont perdu la vie dans cette catastrophe, dont les trois qui n’ont pas encore été retrouvées, et 8 autres ont été blessées.
Il s’agit de l’un des accidents de travail les plus meurtriers survenus aux États-Unis au cours des dernières décennies.
Un réservoir contenant plus de 1,9 million de litres d’un mélange chimique utilisé pour décomposer le bois destiné à la fabrication du papier s’est effondré mardi matin chez Nippon Dynawave Packaging à Longview, une ville située le long du fleuve Columbia.
L’effondrement s’est produit lors d’un changement d’équipe, et les six travailleurs dont les corps ont été retrouvés se trouvaient dans une zone où ils avaient l’habitude de se rassembler le matin en attendant leurs affectations pour la journée, a indiqué Matt Amos, chef de bataillon des pompiers de Longview.
Parmi les victimes figuraient un grand-père toujours prêt à aider tout le monde et un jeune mari décrit comme altruiste et attentionné, selon des amis qui ont organisé des collectes de fonds pour les familles des victimes.
La récupération des victimes a été lente et minutieuse, compliquée par les dangers posés par les produits chimiques restants et d’autres risques industriels, a déclaré M. Amos.
Les équipes se sont tenues à l’écart de la zone la plus proche du réservoir, par crainte d’un nouvel effondrement. Elles ont travaillé avec des ingénieurs pour déterminer si les bâtiments endommagés autour du réservoir pouvaient être pénétrés en toute sécurité.

Au fur et à mesure qu’ils récupèrent les dépouilles, les équipes doivent les décontaminer avant de les remettre au bureau du médecin légiste pour identification. Les sauveteurs doivent également se décontaminer eux-mêmes.
Les autorités ont souligné que la cause de la catastrophe faisait toujours l’objet d’une enquête. Elles n’ont pas publié les noms des personnes décédées, mais des amis et des proches ont commencé à confirmer leurs noms et à lancer des collectes de fonds en ligne pour soutenir leurs familles.
La rupture du réservoir a également blessé huit personnes, dont un pompier. Certaines ont souffert de brûlures ou de lésions par inhalation, ont indiqué les autorités.
L’entreprise japonaise mère de l’usine, Nippon Paper Group, a déclaré mercredi dans un communiqué qu’elle adressait ses «sincères condoléances et sa profonde sympathie aux familles des victimes».
Les autorités ont affirmé jeudi que le déversement n’avait pas contaminé l’air ni l’eau potable à Longview et dans ses environs, une ville d’environ 40 000 habitants située à la frontière entre l’État de Washington et l’Oregon.
La communauté, fondée au confluent des rivières Cowlitz et Columbia par un magnat du bois de Kansas City dans les années 1920, entretient des liens étroits avec les industries du papier et du bois.
Des générations de familles ont travaillé dans les usines, et de nombreux habitants interrogés par l’Associated Press avaient des proches ou des amis liés à l’usine Nippon Dynawave.
Ce vaste site, qui emploie environ 1000 personnes, fabrique des matériaux destinés à la production de mouchoirs en papier, de papier d’impression, de gobelets, d’assiettes et de cartons. Il est situé le long du Columbia, à proximité d’autres entreprises du secteur du bois, du papier et de la chimie.
Des équipes s’efforçaient de vidanger l’eau des fossés situés près de l’usine et de la diluer avant de la rejeter dans le fleuve.
Une partie de la pollution a atteint le fleuve, mais l’Agence américaine de protection de l’environnement a déclaré qu’elle n’avait eu aucun effet notable.
